‹ Œuvres illustrées de Victor HugoChapitre 28 sur 309 · FRAGMENT D'HISTOIRE · texte numérisé non relu

FRAGMENT D'HISTOIRE

Ce ne serait pas, à notre avis, un tableau sans grandeur et sans nouveauté que celui où l'on essayerait de dérouler sous nos yeux l'histoire entière de la civilisation. On pourrait la montrer se proga^eant par degrés de siècle en siècle sur le globe, et envahissant tour à tour toutes les parties du monde. On la verrait poindre en Asie, dans cette

Inde centrale et mystérieuse où la tradition des peuples a placé le paradis terrestre. Comme le jour, la civilisation a son aurore en Orient Peu à peu elle s'éveille et s'éteod dans son vieux berceau asiatiaue. D'un bras, elle dépose dans un coin du monde la Cnine avec les hiérofrlypliesy rartillerie et l'imprimerie, comme une première ébauche de ses œuvres futures, comme un immuable échantillon de ce qu'elle fera un jour. De l'autre, elle jette à l'Occident ces grands empires d*Assyrie, de Perse, de Chaldée, ces villes prodigieuses, Babylone, Suie, Persépolis, métropoles de la terre, oui n*a pas même gardé leur trace. Alors, tandis que tout le reste du globe est submergé sous de profondes ténèbres, resplendit dans tout son éclat cette haute civilisation théocralique de l'Orient, dont on entrevoit à peine, à travers tant de stècles, quelques rayons éblouissants, quelques ffigantesjues vestiges, et qui nous parait fabuleuse, tant elle est lointaine, vaeue et confuse! Cependant la civilisation marche et se développe toujours. L'intérieur des terres ne lui suffit plus, elle colonise le bord des mers. Aux populations de laboureurs et de lier-

g ers succèdent des races de pécheurs et de commerçants, e là, les Phéniciens, les Phrygiens, Sidon, Troie, Sarepta, et Tyr qui bat les mers, comme dit l'Ecriture, avec les ailes de mille vaisseaux. Enfin, prête à déborder TAsie, elle fonde sur la limite de l'Afrique cette éniffmatîque Egypte, ce peuple de prêtres et de marchands, de laboureurs et de matelots, qui est en quelque sorte la transition de la civilisation. asiatique à la civilisation africaine, des empires théocratiques aux républiques commerçantes, de Babylone à Carthage.

Sur l'Egypte, en effet, s'appuient les trois civilisations successives 'd'Asie, d'Afrique et d'Europe. L'Egypte est la clef de voûte de l'ancien continent.

Ici la civilisation se bifurque, pour ain» parler. Elle prend deux routes, l'une au nord, 1 autre au couchant; et tandis que TEgypte crée la Grèce en Europe, Sidon apporte Carthage en Afrique. Alors la scène change. L'Asie s'etcinl. C'est le tour de l'Afrique. Les Carthaginois complètent l'œuvre des Phéniciens, leurs pères. Pendant que derrière eux s'élèvent, comme les arcs-boutants de leur empire, ces royaumes de Nubie, d'Abyssinie, de Nigritie, d'Ethiopie, de Numidie; pendant que se peuple et se féconde cette terre de feu qui doit porter les Juba et les Jugurtha, Carthage js'empare des mers et court les aventures. Elle débarque en Sicile, en Corse, en Sardaigne. Puis la Méditerranée ne lui suffit plus. Ses innombrables vaisseaux franchissent les colonnes d'Hercule, où plus tard la timide navigation des Grecs et des Romains croira voir les bornes du monde. Bientôt les colonies carthaginoises, risâuées sur TOcéan. dépassent la péninsule hispanique. Iles montent hardiment vers le nord, et, tout en côtoyant la rive occidentale de l'Europe, apportent le dialecte phénicien, d'abord en Biscaye, où on le retrouTe 1 colorant de mots étranges l'ancienne langue ibérique, puis | en Irlande, au pays de Galles, en Armorique, où il sub- i siste encore aujourd'hui, mêlé au celte primitif. Elles en- I soignent â ces sauvages peuplades quelque chose de leurs arts, de leur commerce, de leur religion ; le culte monstrueux du Saturne carthaginois qui devient le Teutatés celte, les sacrifices humains, et jusqu'au mode de ces sacrifices, les victimes brûlée!^ vives dans des cages d'osier à forme humaine. Ainsi Carthage donne aux Celtes ce qu'elle a de la théocratie asiatique, dénaturé par sa féroce civilisation. Les druides sont des mages; seulement ils ont passé par l'Afrique. Tout, chez ces peuples, se ressent de leur contact avec l'Orient. Leurs monuments bruts prennent quelque chose d'égyptien. De grossiers hiéroglyphes, les caractères niniques, commencent à en marquer la face que jusque-là le fer n'avait pas touchée ; et il n'est pas prouvé que ce ne soit point la puissante navigation carthaginoise qui ait déposé sur la grève armoricaine cet autre hiéroglyphe monumental. Karnac, livre colossal et éternel dont les siècles ont perdu le sens et dont chaque lettre est un obélisque de granit. Comme Thébes, la Bretagne a son palais de Karnac.

L'audace punique ne s'est peut-être pas arrêtée là. Qui sait jusqu'où est allée Carthage? N'est-il pas étrange qn'a-

ET PHILOSOPHIE MÊLÉES

prés (ant de siècles on ait retrouvé vivant en Amérioue le coite du soleil, le Bélus assyrien» le Mithra persan? N'estil pas étonnant qu'on y ait retrouvé des vestales (les filles du soleil), débris du sacerdoce asiatique et africain, emprunté aussi par Rome d Cartbagc?N est-il pas merveilleux enfin que ces ruines du Pérou et du Mexique, magnifiques témoins d^une ancienne civilisation éteinte, ressemblent si fort par leur caractère et par leurs ornements aux monuments syriaques, par leur fonne et par leurs hiéroglyphes à Tarchitecture égyptienne?...

Quoi qu'il en soit, le colosse carthaginois, maître des

L*Afrique domine le monde.

Cependant la civilisation a déposé^ son germe en Grèce (i). Il y a pris racine, il s'y est développé, et du premier jet a produit un peuple capable de le aéfendre contre les irruptions de 1 Asie, contre les revendications hautaines de cette vieille mère des nations. Mais si ce peuple a su défendre le feu sacré, il ne saurait le propager, manquant de métropole et d'unité ; divisée en petites républiques qui luttent entre elles, et dans riutérieur desquelles se heurtent déjà toutes les formes de gouvernement, démocratie, oliparchie, aristocratie, royauté; ici, énervée par les arts précoces, là, nouée par des lois étroites, la société grecque a plus de beauté que de puissance, plus d'élégance que de grandeur, et la civilisation s'y raffine avant de se fortifier. Aussi Rome se hâte-l-elle d'arracher a la Grèce le flambeau de l'Europe, elle le secoue du haut du Gapitole et lui fait jeter des rayons inattendus. Rome, pareille à l'aigle, son redoutable symbole, étend largement ses ailes, déploie puissamment ses serres, saisit la foudre et s'envole. Cartilage est le soleil du monde, c'est sur Carthage que se fixent ses yeux. Carthage est m»itresse des océans, maîtresse des royaumes, maîtresse des nations. C'est une ville magnifique, pleine de splendeur et d'opulence, tonte rayonnante des arts étranges de l'Orient. C est une société conipléte, finie, achevée, à laquelle rien ne manque du travail du temps et des hommes. Enfin, la métropole d'Afrique est à l'apogée de sa civilisation, elle ne peut plus monter, et chaque progrès désormais sera un déclin. Rome au contraire n'a rien. Elle a bien pris déià tout ce qui était à sa portée ; mais elle a pris pour prendre plutôt que pour s'enrichir. Elle est à demi sauvage, à^demi barbare. Elle a son éducation ensemble et sa fortune*à faire. Tout devant elle, rien derrière.

Quelque temps les deux peuples existent de front. L'un se repose dans sa splendeur, l'autre grandit dans l'ombre. Mais peu à peu l'air et la place leur manquent d tous deux pour se développer. Rome commence d gêner Carthage. II y a longtemps que Carthage importune Rome. Assises sur les deux rives opposées de la Medrlerranée, les deux cités se regardent en race. Cette mer ne suffit plus pour les séparer. L'Europe et l'Afrique pèsent l'une sur l'autre. Comme deux nuages surchargés d'électricité, elles se côtoient de trop prés. Elles vont se mêler dans la foudre.

Ici est la péripétie de ce grand drame. Quels acteurs sont en présence ! deux races, celle-ci de marchands et

(!) Ceci n'e<t qu*un premier chapitre. L'aaieurn'a pu y indiquer et y classer vjut les faits les plus généraux et les plus sommaires. Il n'a point négligé pour cela d'autres faits, qui, pour ùtre du second ordre, n en ont pas moins une haute valeur. On verra dans la suite du livre dont ceci est un fragment, si jamais il termine ce livre, comment il les coordonne cl les raltache à ridéo principale. Les preuves arriveront aussi. Il y a bien des cavités à fouiller dans l'histoire, bien des fonds perdus dans ccUe mer, là même où elle a été le plus explorée, le plus sondée. Et, par exemple, la grande civilisation dominante d'Europe, celle qui d'aborct apparaît aux yeux, la civilisation grecque ci romaine, n'est qu'un grand palimpseste, sous lequel, la première couche enlevée, on retrouve les Péiasges, les Etrusques, les Ibères et les Celtes. Rien que cela ferait un livre.

Carthage: Rome avec son armée, Cartha^ avec sa flotte; Carthage, vieille, riche, rusée; Rome, jeune, pauvre et forte ; le passé et l'avenir; l'esprit de découverte et l'esprit de conquête; le génie des voyages et du commerce, le dé^ man de la guerre et de l'ambition ; l'orient et le midi d'une part, l'occident et le nord de l'autre; enQn, deux mondes, fa civilisation d'Afrique et la civilisation d'Europe.

Toutes deux se mesurent des yeux. Leur attitude avant le combat est également formidable. Rome, déjà à l'étroit dans ce qu'elle connaît du monde, ramasse toutes ses forces et tous ses peuples. Carthage, qui tient en lesse l'Espagne, l'Armorique et cette Bretagne que les Romains croyaient au fond de l'univers, Carthage a déjA jeté son ancre d abordage sur l'Europe.

La bataille éclate. Rome copie grossièrement la marine de sa rivale. La guerre s'allume d abord dans la Péninsule et dans les îles. Rome heurte Carthage dans cette Sicile où déjà la Grèce a rencontré l Egypte, dans cette Espagne où plus tard lutteront encore l'Europe et l'Afrique, ronent et l'occident, le midi et le septentrion.

Peu il peu le combat s'engaf|[e, le monde prend feu. Les colosses s'attaquent corps a corps, ils se prennent, se quittent, se reprennent. Ils se cherchent et se repoussent. Carthage franchit les Alpes; Rome passe les mers. Les deux peuples, personniués en deux nommes, Annibal et Scinion, s'étreignent et s'acharnent pour en 6nir. C'est un auel à outrance, un combat à mort. Rome chancelle, elle pousse un cri d'angoisse : Ânn^al ad portas î Mais elle se relève, épuise ses forces pour un dernier coup, se jette sur Carthage et l'efface du monde.

C'est là le plus grand spectacle qui soit dans l'histoire. Ce n'est nas' seulement un trône qui tombe, une ville qui s'écroule, un peuple qui meurt. C'est une chose qu'on n'a vue qu'une rois ; c'est un astre qui s'éteint ; c'est tout un monde qui s'en va ; c'est une société qui en étouffe une autre.

Elle l'étouffé sans pitié. Il faut qu'il ne reste rien de Carthage. Les siècles futurs ne sauront d'elle que ce qu'il plaira â son implacable rivale. Ils ne distingueront qu'il travers d'épaisses ténèbres cette capitale de l'Afrique, sa civilisation barbare, son gouvernement difforme, sa religion sanglante, son peuple, ses arts, ses monuments gigantesques, ses flottes qui vomissaient le feu grégeois, ei cet autre univers connu de ses pilotes, et que l antîquilé romaine nommera dédaigneusement le monde perdu.

Rien n'en restera. Seulement, longtemps après encore, Rome, haletant et comme essoufflée de sa victoire, se recueillera en elle-même, et dira dans une sorte de rêverie profonde : Africaportentosa.

Prenons haleine avec elle : voilà le grand œuvre accompli. La querelle des deux moitiés de la terre, la voilà déciaée. Cette réaction de l'occident sur l'orient, déjà la Grèce l'avait tentée deux fois. Argos avait démoli Troie. Alexandre avait été frapper l'Inde à travers la Perse. Mais les rois grecs n'avaient détruit qu'une ville, qu*un empire. Mais l'aventurier macédonien n'avait fait qu'une trouée dans la vieille Asie, qui s'était promptement refermée sur lui. Pour jouer le rôle de l'Europe dans ce drame immeifse, pour tuer la civilisation orientale, il fallait plus qu'Acnille, il fallait plus qu'Alexandre; il fallait Rome.

Les esprits qui aiment à sonder les abîmes ne peuvent s'empêcher de se demander ici ce qui serait adveuu du ffenre humain, si Cartha^^e eût triomphé dans cette lutte. Le théâtre de vingt siècles eût été déplacé. Les mnrchands eussent régné, et non les soldats. L'Europe eût étii laissée aux brouillards et aux forêts. 11 se serait établi sur la terre quelque chose d'inconnu.

II n'en pouvait être ainsi. Les sables et le désert réclamaient l'Afrique; il fallait qu'elle cédât la scène à rSurope.

A dater de la chute de Carthage, en effet, la civilisation européenne prévaut. Rome prend un accroissement prodigieux, elle se développe (ant qu'elle commence à se diviser. Conquérante de 1 univers connu, quand elle ne peut plus faire la guerre étrangère, elle Tait la guerre

civile. Comme un TJenx chêne, elle s'élirgU, mais é\e se

l'epeDdnnl In cîvili&alion se fiie sur elle. Elle en a été la racine, elle ea devient la tige, elle en devient la l£ie. En vaîo les Césars, dans la folie de leur pouvoir, veulent casser la ville élernelle, et reporter la mi-lrojiolcdu monde à l'oricnl. Ce sont eux qui s'en vonl; la civilisation ne les suit pas, et ils s'en vont à la barbarie. Bjiance détiendra Stamboul. Borne restera Rome.

Le Vatican remplace le Capitole; voilà tout. Tout s'est écroulé de vétusté autour d'elle ; la cité sainte ee renouvelle. RUe r^nait par la lorce: la voici qui ri^frne par la croyance, plus forte que la force. Pierre hérite de César. Rome n'^it plus, elle parle ; et sa parole est

j un tonnerre. Ses foudres désormais frappent les Ames.

I A l'esprit de conquête succède l'esprit de proséWtisme.

I Foyer du globe, elle a des échns dans toutes les nations; et ce qu'un homme, du haut du balcon papal, dit à la ville sacrée, est dit aussi pour l'univers : Ùrbi et orbi.

Ainsi une théocratie fait l'Europe, comme une (liéocrniie ■ fait l'Afrique, comme une théocratie a fait l'Asie.

Tout se résume en trois cités : BabjloM, Carthige, Rome. Un docteur dans sa chaire jiréside lei rois lar leurs trônes. Chef-lieu du christianisme, Rome est le chef-lieu nécessaire de la société. Comme une mère vigilante, elle garde la grande Camille européenne, et la sauve deux fois des irruptions du nord, des invasions du midi. Ses murs font rehrousaer Attila et les Vandales. C'est elle qui forge le martel dont Charles pulvérise Abdérame et les Arabes.

On dirait même que Rome chréljenDe a hérité de la haine de Rome païenne pour l'Orient. Quand elle voit l'Euroiie assez forte pour combattre, elle lui prêche les croisaoes, guerre éclatante et singulière, guerre de chevalerie et de religion, pour laquelle la théocratie arme la féodalité !

Voilà deux mille ans que les choses vont ainsi. VoiU vinjtt siècles que domine la civilisation européenne, U troisième grande civilisation nui ait ombrage la terre. Pent-ttre touchons-nous à sa no. Notre édioce est bien vieux. II se lézarde de tontes parts. Rome n'en est plus le centre. Chaque peuple tire de son côté. Plus d'unité, ni religieuse ni politique. L'opinion a remplacé U foi.

ET PHILOSOPHIE UELÉES.

U JumiégBs. — Pift 60,

Le dogme n'a i;|tiis la discipline des conscience.^. La révolntion françaUe i congomm6 l'œuvre de ia réforme ; elle a décajtile le cAtbollciume comme la monarchie, elle a dié la vie n Borne. Napoléon, en rudoyanl la papauté, l'a achevéei il a ûlé son prestige an fanlôme. Que fera l'aveair de cette tociélé européenne, qui perd de plus en plus, cliaijufl jour, ta forme papale et monarchique? Le moment ne serait-il pas venu où In civilisation, que nous avons vue tour à tour dcaerter l'Asie pour l'Afrique, l'Afrique pour l' Europe, vBKe remettre en route, etcontinuer i-on majestueux voyage autour riu monde? Ne scmble-telJe pas se penclicr ver« l'Améri^iue? N'a-t-elle pas invente des moyens de franchir l'Océan plus vite qu elle ne traversait «uti-efois la Méditerranée ? D'ailleurs lui rcslet-il beaucoup à faire en Europe 7 Est-il si hasardé de supposer qu'usée et dénaturée daus l'ancien conlioent, elle aille chercher une terre neuve et vierge pour se rajeunir et h féconder? Et pour celle terre nouvelle, ne tienl-elle paR tout prêt un principe nouveau; nouveau quoiqu'il jaillisse anssi, lui, de cet évangile qui a deui mille ans, xi toutefois l'évangile a un Ige? Nous voulons parler ici du principe d'émancipation, de progrès et de liberté, qui

semble devoir être désormais la loi de l'humanité. Cest en Amérique que jusqu'ici l'on en a fait les plus larges applicalions. LA, l'échelle d'essai est immense. U, les nouveautés sont i l'aise. Bien ne les gène. Elles ne trébuchent [Xiint n chaque pas contre des tronçons de vieilles institutions en rumes. Aussi, si ce principe est appelé, comme nous le croyons avec joie, i refaire ta société des hommes, l'Amérique en sera le centre. De ce foyer s'épnndra sur le monde la lumière nouvelle, qui, loin de dessécher les anciens continents, leiir redonnera peutêtre chaleur, vie et jeunesse. Les quatre mondes deviendront frères dans un perpétuel embr.tssemenl. Aux trois théocraties successives d'Asie, d'Afrique et d'Euro^, succédera la famille universelle. Le principe d'autorité fera place au principe de liberté, qui, pour être plus humain, n'est pas moins divin.

Nous ne savons : mais, si cela doit être, si l'Amérique doit offrir le quatrième acte de ce drnnie dei «lécles, il sera certainement bien remarquable qu'à la même époque où nflissait l'homme qui devait, préparant l'anarchie politique par l'anarchie religieuse, introduire le germe de mort dans la vieille société royale et pontificale

LITTÉRATUBE

d'Europe, un autre homme ait découvert une nouvelle terre, futur asile de la civilisation fugitive; qu'en un mot, Christophe Colomb ait trouvé un monde au moment où Luther en allait détruire un autre.

Aliquis provide L

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