‹ Œuvres illustrées de Victor HugoChapitre 302 sur 309 · Livre salutaire Où le cœur s'emplit · texte numérisé non relu

Livre salutaire Où le cœur s'emplit

Où tout sage austère Travaille et pâ!it!

Dont le sens rebelle Parfois se révèle!

Pythapore epéle Et Noise lit!

Uceeinhru 1834^

Hier, la noit d'été, qui bous prêtait ses voiles, Etait digne de toi, tant elle avait d'étoiles! Tant son calme était frais, tant son souffle était doux ! Tant elle éteignait bien ses rumeurs apaisées ! Tant elle répandait d'amoureuses rosées Sur les fleurs et sur nous t

Voi, j'étais devant M, plein de joie et (fe flamme I Car tu me regard^iis avec toute ton âme ! J'admirais la oeauté dont ton front se revêt: Et sans même qu'un mot révélât (a pensée, La tendre rêverie en ton camr commencée Dans mon c(Bur s'achevait !

Et je bénûisais Dieu, dont la grâce infinie Sur !a nuit et sur toi jeta tant d'harmonie, Qui, pour me rendre cabie et pour me rendre heureux, Vous flt, la nuit el loi, si^belles et si pures. Si pleines de rayons, de narfums, de murmures. Si douces toutes oeux!

Oh ! oui, béuissons Dieu dans notre foi profonde ! C'est lui oui flt ton âme et qui créa le monde! Lui qui cnarme mon cœur, lui oui ravit mes yeux ! C'est lui. que je retrouve au:fona de tout mystère ! C'est lui qui fait briller ton regard sur la terre ^mme l'étoile aux cieiix !

C*esl Dieu qui mît l'amour ou bout de toute chose. L'amour en qui tout vit, lamour sur qui tout pose! C'est Dieu qui tait la nuit plus belle que le jour. Cest Dieu oui sur Ion corps, ma jeune souveraine, A versé la oeaulé comme une coupe pleine, Et dans mon cœur l'amour!

# Laisse-toi donc aimer ! — Oh ! l'nmotir, c*est la vie. C'est tout ce qu'on regrette et tout ce qu'on envie Quand on voit sa jeunesse au couchant décliner. Sans lui rien n'est complétions lui rien ne rayonne. La b<»uté c'est le front, l'amour c'est la couronne : Laisse-toi couronner!

Ce qui remplit une âme 1 hélas ! tu peux m'en croire, Ce n'est pas un peu d'or, ni même un peu de gloire, Poussière que l'orgueil rapporte des combats , Ni l'ambilion folle, occu|>ee aux chimères, * Qui ronge tristement les écorces améres fies choses d'ici -bas;

I Non, il lui faut, vois-tu, Thjfmen de deux pensées, I Les soupirs étouffés, les mains longtemps pressées. ! Le baiser, parfum pur, enivrante, liqueur, Et tout ce qu'un regard dans un regard peut lire. Et toutes les chansons de celle douce lyre Qu'on appelle le cœur !

11 n'est rien sous le ciel qui n'ait sa loi secrète, Son lieu cher et choisi, sou abri, sa retraite, Où mille instincts profonds nous fixent nuit et jour; Le pécheur a la barque où l'espoir l'accompagne, Les cygnes ont le lac, les aigles la montagne. Les âmes ont l'amour!

Mai 18...

XÏÎI

Page 1