‹ Œuvres illustrées de Victor HugoChapitre 303 sur 309 · NOUVELLE CHANSON SUR UN VIEIL AIR · texte numérisé non relu

NOUVELLE CHANSON SUR UN VIEIL AIR

S'il est un charmant gazon

Que le ciel arrose, Où brille en tonte saison

Qaelqae fleur éclose, Où l'on cuéiUe à pleine main Lis, chèTreleuille et jasmin.

J'en venz faire le chemin

Où ton pied se pose!

S'il est un sein- bien aimant Dont l'honneur dispose!

Dont le ferme dévoùment N'ait rien de morosg.

Si toujours ce noble sein

Bat pour un digne dessein!

J'en veux faire le coussin Où ton front se pose!

S'il est un rêve d'amour,

Parfumé de rose, Où l'on trouve chaque jour

Quelque douce chose, Un rêve que Dieu bénit.

Où VAme a l'Ame s'unit.

Oh ! j'en veux faire le nid

Où ton cœur se pose!

Février 18...

AUTHE CHANSON

L'aube nait et ta poirte est close ' Ma belle, pourquoi sommeiller?

A l'heure où s'éveille la rose Ne vas*tu pas te réveiller?

0 ma charmante, ficoute ici L'amant qui chante £t pleure aussi !

Tout frapue à ta porte bénie; L'aurore ait : Je suis le jour ! ^ L'oiseau dit : Je suis l'harmonie!

Et mon cœur dit : Je suis l'amour!

0 ma charmante, Ecoute ici

L'amant qui chante Et pleure aussi f

Je t'adore ange et t'aime femme.

Dieu qui par toi m'a complété A fait mon amour pour ton Ame Et mon regard pour ta beauté !

0 ma charmante, Ecoute ici L'amant qui chante Et pleui^ aussi !

Yévriar 18. ••

Oh ! pour remplir de moi ta rêveuse pensée. Tandis que tu m'attends, par la marche lassée. Sous l'arbre au bord du lac, loin des yeux importuns, Tandis aue sous tes pieds l'odorante vallée. Toute pleine de brume au soleil envolée, Fume comme un beau vase où brddent des parfums;

• Que tout ce que tu vois, les coteaux et les plaines. Les doux buissons de fleurs aux charmantes baleines,

La vitre au vif éclair.

Le pré vert, lé sentier qui se noue aux villages, .Et te ravin profond débordant de feuillages

Gomme d'ondes la mer.

Que le bois, le jardin, la maison, la nnéë,

Dont midi ronge au loin l'ombre diminuée.

Que tous les points confus qu'on voit lA-bas trembler,

Que la branciie aux fruits mûrs, que la feuille séchée.

Que l'automne» déjà par septembre ébauchée.

Que tout ce qu'on entend ramper, marcher, voler.

Ïue ce réseau d*objets qui t'entoure et te presse,

t dont l'arbre amoureux ({ni sur ton front se dresse j

Est le premier chaînon ; >

Herbe et feuille, onde et terre, ombre, Icmiére el flamme, '

Que tout pï^nne une voix, que tout devienne une Aaie, | • Et te dise mon nom !

Enghien Septembre, 18...

Puisque j'ai mis ma lèvre à ta coupe encor pleine; Puisque j'ai dans tes mains posé mon front pâli ; Puisque j'ni respiré pnrfois la douce haleine De Ion Ame, parfum dans l'ombre enseveli;

Puisqu'il me fut donné de t'entendre me dire Les mots où se répand le cœur mystérieux ; Puisqjie j'ai vu pleurer, puisque j'ai vu sourire Ta bouche sur ma bouche et les yeux sur mes yeux 1

LES CHANTS DU GRÉPUSGDLE

Puisque j*ai vu briller sur ma tête ravie Un rayon de ton' astre, hélas! voilé toujours; Puisane j'ai vu tomber dans l'onde de ma vi( Une feuille de rose arrachéje d tes jours,

vie

Je |>ai8 maintenant dire aux rapides années : — Fasses ! passez toujours! je n*ai plus à vieillir! Âlles'-vous-en avec vos fleurs toutes fanées ; J*ai dans Tâme une fleur que nul ne peut cueillir !

Votre aile en le heurtant ne fera rien répandre^ Du vase ou je m'abreuve et que j'ai bien rempli. Mon âme a plus de feu que vous n'avez de cendre! Mon cœur a plus d'amour que vous n'avez d'oubli !

Janvier 18.«.

Page 1