I.'ILE DE N0BKENWEBT3 ET LE R01.ANDSECK
Tout fi coup vout TOUS ap^rcevei que depnlii quelques in- ■tiiita un être impnrtun vous suit e( vomi coudoie et tous bourdonne aui oreilles des choses ol.scures. Ceci est l'ex*
Jlicaleur juré et privilégié, chargé de commenter nui Irsogers les migniflcence-s du clocher, de l'église et du tMivsage. r,e[ homme-lÉ est d'ordinaire un bègue. Quelquefois il est bépue et sourd. Vous ne l'écoiitez pas, vous le laissez bnrogouiner tout n sou aise, ei vous l'oublies en coDiemplant l'^oonne croupe de l'église, d'où les arcshoulants sortent comme aea côtes ainséquécs, les mille détails de la flèche de pierre, les toits, les rues, les pi- EDons, les roules qui s enfuient dans tous les sens comme les ravoDs d'une roue dont l'horiion est la jante et dont la ville est le moyeu, les plaines, les arbres, les rlTléres, tes collines. Quand vous avez bien tout vu, vous songez à redescendre, tous tous dirigez vers la tourelle de l'escalier. L'homme se dresse devant vous. Pourboire, v C'est fort bien, monsieur, vous dil-il en empochsDl; maintenant voulez-vous me donner pour moi? — CommeDll et ce que je viens de vous donner? — C'est pour In fabrique, monsieur, i laquelle je redtùs deux francs par personne; mais d prient, monsieur comprend bien qu il me faut quelque
rtite cliosepourmoi. » Pourboire. Vous redescendez. Tout coup une trappe s'ourre i côté de tous. C'est la cage des cloches. Il Tiul bien voir les cloches de ce lieau clocher. Un jeune gaillard vous les montre et vous les nomme. Pourboire. Au bas du clocher vous retrouvez le licdeau, qui vous a nltendu patiemment et qui vous reconduit avec respect jusqu'au seuil de l'cgliae. Pourboire. Vous rentrez à voire hôtel, el vous vous gardez bien de
pied dans l'auberge, que vous voyez venir â
amical une figure qui vous est tout n fail in__
l'eslaQer qui vous rnpporte votre passe-porl. Pourboire, Vous dinei, l'heure du départ arrive, le (lanieslii[uc vous apporte la carie à payer. Pourboire. Un garçon d'écurie
Forte votre bagage à la diligence ou i la schnellposte. ourboire. Un facteur le bisse sur l'impériale. Pourboire. Vous innolpz en voilure, on p,-irl, la nuit lomlie; vous
Bécapitulons : pourboire au conducteur, pourboire au postillon, pourboire au déblchcnr, pouriwire au brouetleur, pourboire à i;homme qui ti'est pas de rhOIel, pour-
LA 30VRIS A VELHlCn Pige SO.
boire i la Tieïlle femme, poarboire i Rubens, poarboire iiu suisse, pourboire nu stcrisUin, pourboire au sonneur, uonrboire nu baragouineur, pourboire à ia fabrique, pourtwire BU sons-ionneur, pourlioire au bedeau, pourboire à l'ealalier, pourboire aux (lomeslir|ues, pourboire au gardon d'écurie, pourboire au facteur; voilà dix-iiuït pouHioires dans une journée. Olei l'éj^lise, qui esl fort chère, it en reste neuf. Hainteuant calculez tous ces jioarboirCG d'après ua minimum de cinr]ua nie centimes et un maiimnm de deui francs, qui est quelquefois obligatoire (t), et vuus aurez une somme assez inquiélanle. N'oubliez ft» que tout pourboire doit être une pièce d'argent. Les sous et la monnaie de cuivre sont copeaux et balayures <jue le der- Dier goujat regarde avec un ineiprimable dédain.
Pour ces peuples inrénieui, le voyageurn'eslqu'un sac d'écus qu'il s'agil de desenllcr le plus vite possllile. GhacuD t'y acliame de son côté. Le gouvernement lui-même s'en mile quelquefoii ; il voua prend votre malle et voire portemanteau, lea charge sur ses épaules et vous tend la
(1) A Aii-la-<:hB|ie1le, pour voir lix reliqaei, le pourboire 1 h tabrlque al IJi£ t un thaler, 3 fr. Tï t.
main. Dans les grandes villes, les porteurs de baffagea redoivent au trésor royal douze sous et deux liarï^ par voyageur. Je n'èlaispas depuis un^uart d'heure à Aii-la- Chapclle que j'avais déjA donné pour boire au rot de
Prusse,
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