‹ Œuvres inéditesChapitre 11 sur 31 · I. Publiée dans Le Colihri du 27 novembre · texte numérisé non relu

I. Publiée dans Le Colihri du 27 novembre

Des choses d'autrefois évoquant les images, Je vois se remuer le vieux peuple des mages,

Habile aux secrets défendus; Dans la ville de Bel les merveilles semées, Ses invincibles murs, ses terrasses aimées,

Jardins dans les airs suspendus.

Quand des fils de Nemrod l'heure suprême arrive, Me créant une place, inattendu convive,

Dans le festin de Labynit^'^, Je vois, épouvantant ses dernières orgies, Briller à la lueur des splendides bougies

La sentence au mur de granit.

Hélas, triste Orient! La vengeance divine S'accomplit chaque jour sur ton sol en ruine,

De sa splendeur deshérité :

Les arts, envahissant nos villes affranchies, Ont quitté pour jamais tes grandes monarchies

Éteintes sans postérité.

Mais vainement du ciel tu portes la colère. Du poète rêveur le culte solitaire

Allégera ton châtiment.

Dans son pieux amour pour les choses passées, Tu verras vers tes bords se tourner ses pensées,

Comme au nord se tourne l'aimant!

Labynit ou Balthazar ». (Note de Le Poittevin.)

Car chez toi seulement la nature puissante, Sous un soleil de flamme, à ses regards présente

Des prodiges à chaque pas ; Là sont de chaudes mers et de profonds abîmes, Des monts dont elle seule a mesuré les cimes

Avec son immense compas.

Là, quand l'homme voulut laisser de son passage En pagodes de pierre un magnifique gage,

Plus fort que le temps redouté, D'un œuvre indestructible enfantant la pensée, En mourant il légua la tâche commencée Au bras de sa postérité.

Cest ainsi qu'il a fait ces hautes pyramides, Gigantesques tombeaux dont les sommets arides

Ont vu passer des nations :

Monuments décorés d'ingénieux symboles, Énigmes que propose en mystiques paroles,

Le temps aux générations!

Oh! vainement l'Europe, en ses villes fécondes, Epuise les trésors qui viennent des deux mondes

A tant d'édifices vantés; Le temps renversera leurs fondements fragiles, Lui qui s'acharne en vain aux masses immobiles

Des pélasgiennes cités! '^

I. « Les massives constructions des Pélasges restent encore intactes, tandis que des monuments bien postérieurs sont disparus ou à moitié détruits. En Grèce les murailles cyclopéennes, en Italie l'enceinte de \'olterra, à Rome la Cloaca Maxima, sont dues à la race pélasgienne; on dirait

Car ils doivent rester, ces monuments qu'étale Depuis les premiers jours la terre orientale

Aux yeux étonnés des mortels ; Ceux qui les ont bâtis, inconnus à l'histoire ^'^, N'ont confié le soin de garder leur mémoire

Qu'à ces ouvrages éternels !

que l'ancienneté qui détruit lesautres édifices n'a fait qu'ajoutera la force et à la solidité de ceux-là. » (Note de Le Poittevin.)

I. <( Les époques sacerdotales, pendant lesquelles furent exécutés les immenses travaux de l'Orient, sont environnées de ténèbres. L'histoire n'en rapporte rien de certain. Tout ce qu'on en sait est dû aux savantes recherches des philologues modernes. » (Note de Le Poittevin.)

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