LA D A M K D K C (E T 11 . 4 I
colliez vile chez vous , quelqu'un vous allend.
— Ail! diable! pas de quiproquo, dis-je en revenant sur mes pas. Si ce sont des créanciers qui m'attendent, je ne vois pas la nécessité de courir si fort ; à moins toutefois que je ne trouve en chemin quelques-uns de ces trésors que vous faites découvrir à vos amis, ou que vous ne me passiez à Tinslant la bague qui rend invisible.
— Ce ne sont pas des tailleurs ni des bottiers, Monsieur. C'est une personne du sexe.
— Ma vieille blanchisseuse, je parie?
— Non, Monsieur, la dame de cœur a la télé en bas : votre visite est une actrice.
Je courus comme un fou du côté de la rue Saint-Jacques. Comment , répétais-je dans le délire de la joie, elle ! mon admiralion et mes amours! elle ! mon Ophélia, ma Paola, mon Chérubin ! seule chez moi! chez moi, qu'elle ne connaît que de ce matin par un madrigal (et quel madrigal, bon Dieu !)! oh! non ! c'est impossible.
Et pourtant j'espérais. Le magicien du Montparnasse m'avait ensorcelé comme il ensoicelle la jeunesse naïve et guerrière, à qui, dit-on , il promet, de temps immémorial, les sourires d'une princesse à la parade. Et puis, cette dame de cœur ne me sortait pas de la tête et me causait des éblouissements.
Je frappai en tremblant au carreau de ma portière, la respec able madame Cruchon.
— Monsieur, me dit-elle avec un air mystérieux et avec un sourire, montez chez vous, on vous attend.
— Je sais. . . je sais, répondis-je en balbutiant, foudroyé que jetais par le bonheur.
— Tiens ! vous le saviez ! On m'avait pourtant dit que c'était une surprise qu'on vous ménageait. C'est moi qui lui ai porté à dîner. Monsieur, après quoi je l'ai couchée sur votre lit. Elle est bien gentille, allez !
— Dieu de Dieu, à qui le dites-vous !
— Je ne l'ai pas déshabillée ; j'ai bien fait, n'est-ce pas ?■ j'ai pensé que vous aimeriez autant la déshabiller vous-même.