‹ Œuvres inédites de F. LamennaisChapitre 105 sur 180 · M. Ange Blaize · texte numérisé non relu

M. Ange Blaize

Paris, le 28 août 1846.

Je reçus hier, mon cher Ange, votre lettre du 25. Je vois que mon idée au sujet de La Chaise n'est pas praticable. 11 me serait certainement bien doux de vivre au milieu de vous tous, tout à fait en famille, et je vous remercie de cœur de ce que vous me dites à cet égard. Cependant, dans ma position particulière que vous connaissez, il en pourrait résulsulter do la gène. Il vaut mieux que je sois chez moi, mais, s'il est possible, à portée de vous voir souvent. Je me suis souvenu du petit castel que M. Corvaisier était chargé de vendre. Peut-être pourrait-il me convenir. Je serais disposé à mettre do 40 à 50,000 francs dans une propriété un peu commode quant au logement et qui donnerait quelque re-

venu. S'il ne s'en trouvait pas de semblable exactement dans votre voisinage, il faudrait bien se résoudre à en chercher plus loin, n'importe de quel côté, pourvu que les lieux offrissent quelque agrément. Mon but est de me retirer en un endroit où je puisse finir tranquillement mes jours, loin du monde et des hommes qui m'inspirent chaque jour plus de dégoût. Je sais que cette recherche peut demander quelque temps. Toutefois, comme il ne m'en reste guère, je désirerais beaucoup qu'elle traînât le moins possible en longueur, par exemple, que je pusse m'établir dans ma retraite au printemps prochain, ou dans le cours de l'été. Une maison trop petite ne serait pas de mon goût; j'aime l'espace à la campagne surtout. Au reste, tout dépend de l'ensemble des choses^ un inconvénient pouvant être compensé par un avantage.

Il paraît qu'en somme la récolte est mauvaise partout. On craint la disette pour cette année et la prochaine. Jusqu'ici le pouvoir s'en préoccupe peu. Il lui suffit qu'il y ait abondance et surabondance de députés dévoués.

Je vous embrasse tous de cœur.

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