A 31. Dcssoliairc
Paris, 2 janvier 1847.
A^euillez, mon cher monsieur Dessoliaire, remercier nos amis de leur souvenir et des vœux que vous m'avez trans-
mis de leur part. Dites-leur bien quil n'en est point de plus sincères que ceux que je forme pour eux. Si je ne réponds point en particulier aux lettres que m'ont écrites M. Camus et M. Gabriel Limousin, c'est que je suis tout à fait souffrant et surchargé d'occupations. Vous m'obligerez d'en dire autant, quand vous aurez l'occasion, à M. Patureau qui m'a écrit de Ghàteauroux.
Quelques obstacles que puissent opposer au progrès de la vérité l'ignorance de l'esprit et l'endurcissement du cœur, elle pénétrera peu à peu dans celui des hommes droits, des hommes de bonne volonté à quile Christ libérateur a promis la paix sur la terre; et lorsqu'éclairés de sa lumière ils seront encore unis par l'amour, lorsque s'aidant en frères, ils vivront l'un pour l'autre et Tun dans l'autre par la fusion des âmes, qui de tous ne fera qu'un, le monde, aujourd'hui dévasté par l'égoïsme, changera de face. Défendre le droit ou la justice, accomplir le devoir, voilà notre tâche commune. Nous avons à construire la ruche où les pauvres abeilles du bon Dieu trouveront ensemble, avec un doux abri, la nourriture que le Père céleste a préparée pour tous ses enfants.
Croyez, mon cher monsieur Dessoliaire, à mon attachement dévoué.