‹ Œuvres inédites de F. LamennaisChapitre 11 sur 180 · Au même · texte numérisé non relu

Au même

Rome, le IG juillet 1824.

J'ai reçu ta lettre du 24 juin avec celles quiy étaient jointes. J'attendais impatiemment de tes nouvelles, et cette difficulté d'en recevoir à de si grandes distances, ajoute encore au désir que j'ai d'être de retour. Je ne puis cependant te rien dire 'de positif sur l'époque de mon départ. Le S. Père, que j'ai vu deux fois et qui m'a comblé de bontés, veut me revoir encore pour causer, m'a-t-il dit, plus à loisir. Ainsi, il faut que j'attende ses ordres. J'ai fait tes commissions pour les livres que tu désires, et M. le curé s'occupera de celles dont tu le charges personnellement. Selon toute apparence nous nous retrouverons à Paris à peu près à la même époque, et alors nous tâcherons de prendre quelques arrangements un peu fixes; car il est désagréable de vivre toujours en l'air, tantôt ici, tantôt là, sans aucune demeure fixe. Si, avant d'aller en Bretagne, tu peux voir Gudennoc, cela me fera grand plaisir. Il me tarde

bien qiio mon alîaire avec M(3qui^non ait enfin un terme. Je serais môme disposa, pour en finir, à quelque nouveau sacrifice. Vois ce qu'il y a de mieux à faire là-dessus.

Voici un petit billet pour Charles, f^e pauvri; enfant est trè.saffligé d'ôtre encore cette année privé de vacances. Je lui mande que si tu vas en Bretagne, je te prierai de faire tout ce qui te serapossible pour lui procurer quelques distractions. Tu pourrais peut-être le garder avec toi quelques jours à Josselin.

Nous avons ici des chaleurs extrêmes, on ne peut ni sortir ni travailler. Le thermomètre était hier à 30 degrés. Cela m'empêchera d'aller à Naples, voyage dont je me soucie, après tout, fort peu. Dans celui que tu feras en Bretagne, n'oublie pas la Librairie classique.

Je crois que le Mémorial, qui était peu connu ici, s'y répandra peu à peu. Ceux qui le connaissent en sont fort contents. Le succès qu'il obtient doit encourager ses rédacteurs. Je leur dois en particulier beaucoup de remerciements. Dis mille choses tendres de ma part à l'abbé de Salinis, à l'abljé Gerbet et au bon Maliony. Ils font un bien réel et un trèsgrand bien. 11 me tarde de les revoir et de causer avec eux de tout celui qu'on peut faire encore.

Si j'ai ici des adversaires (et il y en a bien peu, s'il y en a), aucun du moins n'ose se prononcer publiquement contre moi. Tout ce qu'il y a d'hommes un peu connus se sont déclarés pour. J'ai reçu ce matin la visite de deux jésuites (je n'ai pas encore été chez eux) ; l'un des deux, ancien professeur de philosophie, est né en Pologne. Ils m'ont euxmêmes parlé les premiers de la question débattue, et se sont prononcés avec toute la force possible. Tu sentiras ce que cela veut dire.

Rappelle-moi au souvenir de tous nos amis ; je t'embrasse de tout mon cœur.

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