M. Dessoliaire
Paris, 2 juillet 1848.
Mon cher monsieur Dessoliaire, malgré les rudes épreuves à travers lesquelles nous passons, ma santé se soutient, mais l'âme est bien triste. Les réactionnaires, laissés libres de conspirer comme il leur a plu, ont enfin amené le combat qu'ils voulaient, et le sang a coulé à flots. Puis sont venues les proscriptions en attendant le reste. Ce sont ces misérables
qui dumincnt maintenant. Ils se vengent sur le peuple de leur défaite de février, et travaillent tant qu'ils le peuvent à perpétuer la guerre civile. Puissent ces mauvais jours passer vite! Puisse la France aujourd'hui livrée à la rage infernale de tous les fauteurs de la monarchie, ne pas devenir le tomheau de ses propres enfants égorgés les uns par les autres 1