‹ Œuvres inédites de F. LamennaisChapitre 127 sur 180 · A M, Ange Blatze · texte numérisé non relu

A M, Ange Blatze

Paris, 23 janvier 1849.

J'ai été, mon cher Ange, retenu chez moi trois semaines par une inflammation d'entrailles qui, avec la diète sévère qu'il faut garder en ce cas-là, m'a très affaibli. Je sortis hier pour la première fois et passai trois heures à la Chambre. J'y parlai de votre observation sur les droits de succession à cinq ou six représentants qui tous, comme moi, furent de votre avis. Mais tous crurent aussi qu'en ce moment on n'obtiendrait pas la réformation de cette injustice. Je les engageai cependant à soulever la question. Le feront-ils? Je n'en sais rien, car on ne les écouterait guère, à cause des graves préoccupations au milieu desquelles il est au moins très-difficile de faire de bonnes lois.

Le ministère a tenté samedi un coup d'État contre l'Assemblée qu'il voulait disperser, pour procéder fiicik^nent à une

restauration quelconque.il paraît qu'on devait arrêter vingtsept représentants. Le complot a «'choué par le bon sens du peuple qui a évité le piège où on voulait l'attirer comme en juin. Mais ce n'est que partie remise. Les conspirateurs ont trop besoin de nouveaux combats et de nouveaux massacres pour renoncer t\ leurs desseins, sauf ensuite à se combattre et se massacrer entre eux, car ils appartiennent à trois partis unis en apparence, divisés en réalité, se défiant l'un de l'au- I rc et cherchant à se jouer mutuellement.

Je vous souhaite une meilleure santé que la mienne et vous embrasse de cœur.

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