‹ Œuvres inédites de F. LamennaisChapitre 130 sur 180 · Au même · texte numérisé non relu

Au même

Paris, 15 mars 1849.

Le point le plus important pour les républicains dans les nouvelles élections, est de ne pas se diviser. Peu importent leurs choix, pourvu qu'ils tombent sur de vrais démocrates, sur des hommes sûrs, énergiques et honnêtes. Je ne m'oppose point àma candidature, si elle a l'approbation générale; mais, dans le cas de dissentiments, il ne faudrait pas me porter. Que la majorité décide. Je dois ajouter que s'il arrivait que je fusse renommé ici, j'opterais pour Paris, dont je suis déjàl'un des représentants. Cette option serait de devoir à mes yeux.

Il est vrai que mon dernier ouvrage (1) n'a pas été fait pour le peuple; non plus que V Esquisse d'où il est extrait. Peu à peu cependant, je Tespère, le peuple parviendra à le comprendre, lorsqu'on le lui expliquera, et il pourra d'ailleurs être mis à sa portée, au moins quant au fond, sous une forme plus simple. Si je peux trouver quelque argent, je ferai pour le peuple une édition des Paroles d'un croyant. Malheureusement, comme vous le dites, la misère est- si grande, qu'il faut apaiser la faim du corps avant de s'occuper de l'esprit.

Tout à vous de cœur, mon cher Dessoliaire.

(1) De la Société première.

Paris, 4 avril 1849.

Je ne veux pas, mon cher Dcssoliaire, que vous dispensiez rien pour la réimpression dont je vous ai parlé. L'ouvrage est commencé, et il ira vite, je l'espère. Le volume, très-joli et plus petit que l'ancienne édition, contiendra les Paroles (Vun Croyant et Une voix de prison. On pourra plus tard, s'il y a moyen, réimprimer les Paroles avec le Livre du peuple. Je m'arrange pour avoir 2,000 exemplaires à distribuer gratis. C'est peu, par rapport à ce qu'il faudrait, mais on est obligé de se restreindre à cause des dépenses.

Ne perdez pas de vue les élections prochaines. Pour réussir, il faut que les républicains se concertent et s'entendent bien sur leurs candidats, afin qu'il n'y ait point de voix perdues. Il serait déplorable que, faute d'union, le peuple des villes et des campagnes se laissât battre par ses ennemis. Ceux-ci sont très-actifs et se remuent partout. Ils ont pour eux le gouvernement et l'emporteraient sans aucun doute si les républicains se divisaient. Ainsi donc union, zèle et résolution ferme d'accomplir le devoir envers la patrie et l'humanité dans laquelle nous sommes tous solidaires. Que chacun, quelle que soit sa position particulière, résiste courageusement aux mauvaises influences. La faiblesse serait une lâcheté et l'indillérence un crime.

J'embrasse de cœur le père, la mère et les petits enfants.

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