‹ Œuvres inédites de F. LamennaisChapitre 137 sur 180 · A M. Dessoliaire · texte numérisé non relu

A M. Dessoliaire

Paris, 25 février 1850.

Je me réjouis avec vous, mon cher Dessoliaire, de la naissance du petit garçon qui vient d'augmenter si heureusement votre jeune famille. La bonne santé de la mère rend cette joie complète, et sans doute elle ne doutera pas de la vivacité des sentiments qu'en cette occasion je vous prie de lui exprimer de ma part. Cependant, comme tout est mêlé dans la vie, je m'afflige des pertes que vous avez éprouvées et de la gêne qu'elles vous causent. Grâces à Dieu, vous comptez sur la Providence, et vous avez raison, elle ne vous délaissera point. M. Barbet me charge de vous remercier de votre souvenir et de vous transmettre ses compliments au sujet du nouveau-né. Ma santé, sans être bonne, est beaucoup meilleure en ce moment. Le printemps, je l'espère, achèvera de ^^f établir^,,,, .•i^'cr; h^mii -m. ■

(jii\)n {''d<<ii pour retenir le peuple dans l'ignorance, il s'«3claire chaque jour, et on le verra l)ien quand viendra l'époque des élections prochaines. Jusque-là il faut tout soullrir, pour ôter au Pouvoir le prétexte qu'il cherche à un coup d'État. Le courage aujourd'hui, c'est la patience; par elle seule nous pouvons éviter les pièges qui nous sont tendus. Le suffrage universel, voilà l'àme du peuple, et avec lui il triomphera sans violence, sans effusion de sang. Dans le délire de sa peur et de ses passions aveugles, le passé achève de se tuer lui-même, par la violation permanente de toutes les lois, de toute justice divine et humaine. Nous vaincrons, nous, par les moyens contraires. Il faut aussi que le peuple ranime en soi l'esprit national, car bientôt peut-être aura-t-il à repousser l'invasion des cosaques. Les rois arment contre nous. Préparons-nous à les recevoir, comme nos pères les reçurent, il y a soixante ans. Si, comme tout l'annonce, ils veulent le combat, que ce soit le dernier, celui d'où sortira l'affranchissement définitif de l'humanité.

Bien à vous.

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