‹ Œuvres inédites de F. LamennaisChapitre 138 sur 180 · Au même · texte numérisé non relu

Au même

Paris, 16 mai 1850.

Je me réjouis, mon cher Dessoliaire, de la bonne santé de toute votre famille, et de l'abondance de travail que vous avez trouvée à votre retour. Nous avons eu ici notre ami Elle pendant quelques jours, et nous avons souvent parlé de vous ensemble. Depuis lors je souffre beaucoup de l'estomac, mais cela passera.

Je pourrai vous envoyer d'autres livres à l'adresse que vous

m'indiquerez à Ghâteauroux. Il faudrait vous arranger pour en vendre quelques-uns à bas prix pour payer le port.

M. Barbet se porte bien, et me charge devons transmettre ses souvenirs affectueux.

Il n'est rien que ne fassent en ce moment les ennemis de la république pour pousser le peuple à un mouvement. Us voudraient l'écraser de nouveau sous les balles et sous la mitraille, et trouver dans cette boucherie même un prétexte pour rétablir la monarchie. Grâces à Dieu, le peuple voit le piège où l'on veut l'attirer, et il reste calme, à la grande confusion des provocateurs. Toutefois, on doit s'attendre à desévénements graves, car les choses ne sauraient rester dans l'état violent où les conspirateurs royalistes les ont mises.

Quoi qu'il arrive, et quelles que puissent être les vicissitudes de la lutte entre le monde du passé et le monde de l'avenir, le triomphe final de celui-ci est aussi certain qu'il est certain qu'il y a un Dieu, et que sa justice brise tôt ou tard les obstacles qu'opposent à l'ordre voulu de lui les criminelles passions des fils de celui qui, suivant l'expression de la Bible, fut homicide dès le commencement.

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