‹ Œuvres inédites de F. LamennaisChapitre 152 sur 180 · A M. Elle · texte numérisé non relu

A M. Elle

Paris, 7 août 1851.

Après trois semaines de fatigue, d'embarras, d'insomnies, et d'une impatience trop fondée, je ne suis pas encore, mon cher Elle, emménagé dans mon nouvel appartement, grâce à la bêtise et, pis que cela, de l'homme chargé de cette besogne, et qu'on m'avait recommandé à tous les titres possibles. La seule compensation des retards qu'il m'a fait subir, sera beaucoup de choses cassées, d'autres mal faites, et une dépense triple.

Nous allons avoir une prorogation de trois mois, laissant derrière nous d'importants travaux inachevés et de très-graves questions à résoudre. Au reste, ce que cette assemblée, telle qu'elle est, peut faire de mieux , c'est assurément de ne rien faire du tout.

La fusion des légitimistes avec l'Elysée tournera les vues du Président vers une réélection quelconque, et éloignera par conséquent les idées de coup d'État. Mais comme ces nouvelles intrigues aboutissent, comme les autres, au renversement de la Constitution, on ne voit guère comment le grand problème de 1852 pourrait se résoudre sans combat. C'est à cette terrible nécessité que les factions honnêtes et modérées poussent la France.

Tout à vous de cœur.

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