‹ Œuvres inédites de F. LamennaisChapitre 154 sur 180 · A M. Elie · texte numérisé non relu

A M. Elie

Paris, 18 décembre 1851.

J'ai reçu en môme temps, mon cher Elie, votre lettre du i-4, et le pâté de bécassines qu'elle m'annonçait. Je vous remercie de l'un et de l'autre, et me réjouis d'avance du plaisir que j'aurai à vous revoir vers le commencement de l'année prochaine.

Ma santé n'est pas bonne. Je souffre beaucoup de la poitrine et de Testomac, et suis de plus confiné chez moi par un accès de goutte, qui m'a privé de sommeil pendant cinq nuits

consécutives, et me fatigue encore en ce moment, bien qu'il soit, grâces à Dieu, dans sa période de décroissance. Heureusement nous voici à la moitié de l'hiver, les jours vont croître, et le soleil en montant nous ramènera une saison meilleure.

Tout à vous liin aîTectueusement.

43G. — A jJ. Ange Dlaize,

Pari?, 9 janvier 1852.

Mon cher Ange, je vous envoyai hier un gros paquet contenant l'inscription de rente de ma sœur, et mon certificat de vie, pour que vous puissiez recevoir à Saint-Malo les arrérages échus. Si vous voulez, ce qui serait, en effet, plus commode, toucher désormais à Paris, il est nécessaire que vous en fassiez la déclaration au receveur général qui en avertira le Trésor. Un extrait en règle de cette pièce devra être joint à l'inscription. D'après ce qu'on m'a dit, il né paraît pas que le Trésor exige l'acte de décès de ma sœur. Ainsi, ce serait des frais de poste de moins.

Ce que je ferai et ce que je deviendrai, je l'ignore complètement. Si ma santé, de plus en plus mauvaise, me permettait de supporter la fatigue d'un voyage et que je parvinsse à arranger mes affaires de manière à me donner pour l'avenir une sécurité suffisante, à m'assurer, sinon de l'aisance, au moins le nécessaire, il est possible que je me décidasse à aller finir, loin de ce pays, ma vie déjà trop longue. Cependant, ce n'est là et ce ne peut être, comme vous le voyez, qu'un projet des plus vagues.

Je vous embrasse do cœur. Votre frère.

ŒCVIIKS INKDITF'S I) |;L\ M E N N A IS 20 1

4"n. — .1 M. D.'s.nliniir,

Paris, tO janvier 1852.

Mon cher Dossoliairo, il ne riiit [) is j:)laindro ceux qui s'en vont dans les temps actuels. Consolez-vous donc de la mort de votre père. Un peu [)liis tôt, un [)eu \)\n< lard, nous le rejoindrons lous dans un monde meill(!ur.

Que Dieu bénisse vous et les vôtres! De lui viennent tous les biens, et les vrais biens , ceux de rame, il ne les refuse à

aucun.

Votre airectionné.

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