‹ Œuvres inédites de F. LamennaisChapitre 157 sur 180 · Au même · texte numérisé non relu

Au même

Paris, 28 avril 1853.

Jo suis bien aise d'apprendre, mon cher Dessoliaire, que vous et votre famille vous vous portez bien. Si avec cela le

travail était plus abondant, ce serait à peu près tout ce qu'on peut désirer sagement sur cette terre. Pour moi, sauf la faiblesse croissante et les infirmités de Tàge, je n'ai pas non plus trop à me plaindre de ma santé. Celle de M. Barbet qui vous remercie de votre souvenir, est en ce moment assez bonne aussi. Il y a eu cependant beaucoup de maladies occasionnées par les froids tardifs. Il faut espérer que mai nous amènera le printemps, dont on commence partout à sentir vivement le besoin. Excepté le pain, le bois et le charbon, les objets de consommation ont subi ici une forte augmentation, laquelle se combinant avec celle des loyers, qui est de moitié et plus dans certains quartiers, crée beaucoup de misère. Si l'on continue de démolir, comme il paraît, on jettera bas peut-être le dixième de Paris, ce qui forcera une grande partie de la population laborieuse à en sortir; et déjà nombre d'ouvriers expulsés de leur pauvre petit domicile, ont été contraints d'en chercher un autre hors barrière. Quant aux petits marchands, ce bouleversement les ruine. Mais aussi la ville sera coupée par de belles et larges voies militaires.

Page 1