‹ Œuvres inédites de F. LamennaisChapitre 16 sur 180 · A Vabhé Jean, à Paris · texte numérisé non relu

A Vabhé Jean, à Paris

La Chênaie, 18 février 1825.

Je n'ai reçu qu'hier au soir tes deux lettres du 13 et du 14. J'y réponds sur-le-champ ; toutefois, ma lettre ne pourra partir que demain samedi, ni par conséquent arriver avant mardi prochain.

1° Je te renvoie la note de M. de Saint-Yictor avec ma réponse. Je ne conçois absolument rien aux prétentions de cet homme. Les arbitres décideront.

2o Je ne vois pas d'inconvénients graves, et il y a des avantages à continuer de se servir de Gosson. Seulement il faut traiter d'une manière bien claire pour les prix, qui doivent être les plus bas des imprimeurs de Paris, et prévoir dans le marché, qui doit être résiliable sans indemnité à la volonté d'une des deux parties, prévoir, dis-je, bien en détail tout ce qui tient à la correction, parce que c'est là-dessus que ces gens-là exercent leurs friponneries. Quant à la presse, mieux vaut tout qu'un procès; mais il faudra le plus tôt possible convenir du prix de tirage, à dire d'arbitres, sil est nécessaire.

3° Il est bien que les ateliers de la stéréotypie restent où ils sont, quoiqu'à raison de la distance M. L. n'y puisse peutêtre pas exercer toute la surveillance désirable. Il fera de son mieux; j'ai d'ailleurs assez de confiance en Lewis.

4*» Je ne vois pas de moyen d'éviter de payer le brevet de libraire. Gomrhe on ne peut s'en passer, il n'y a pas à hésiter un seul moment.

5° Je désirerais beaucoup que lu pusses arrêter quelque chose avec M. Alexandre. S'il se refuse absolument à compléter sa grammaire, on pourrait en charger M. Lefranc, qui s'entendrait pour cela avec M. Alexandre. Je tiens aussi à avoir quelque assurance que M. Lenshéring achèvera son travail.

G° Recommande instamment les annonces dans les journaux du Dictionnaire cl" antiquités ^ quand il paraîtra (1).

Je ne vois rien à te dire, pour le moment, sur les autres objets. Tout ce que tu as fait est très-bien, et je t'en remercie de tout mon cœur.

J'ai reçu une lettre de la rue du Bac. On était un peu peiné de ne t'avoir pas encore vu (2). ♦

Le pauvre bonhomme Blaize se meurt, il ne prend presque plus rien depuis dimanche ; Ange ne peut pas le quitter. Papa est beaucoup mieux.

Voilà une lettre pour toi; je l'ai décachetée parce qu'elle était sans adresse, mais je n'ai lu que les deux premiers mots. Il me tarde bien de te revoir. N'oublie pas d'aller chez madame de Talaru, ni chez M. de Coriolis, rue de la Planchcy 71° H. Il m'a écrit et me parle de toi. Il nous est attaché à peu près comme le pauvre Chevalier.

Si les Conférences Hermo2')olitaincs ont paru, tu les apporteras.

J'ai la 1" livraison des Opuscules Archéologiques de M. Antonioli, chez Dufart, libraire, quai Voltaire n'^ 19. Je désire avoir les autres livraisons à mesure qu'on les publiera. Dis à M. Lasneau de faire prendre celles qui ont paru, depuis la seconde inclusivement, et de te les envoyer. Il me fera passer les suivantes, s'il y en a, par occasion.

(1) Ces divers ouvra 3:es faisaient partie de la Librairie classique élémentaire.

(2) C'est rue du Dac que deuieurail la famille de SenlTl.

Mille amitiés à Cor et à son excellente moitié, comme on dit ici. L'abbé Gerbet te dit les choses les plus tendres.

Nous avons eu quelques beaux jours, mais le temps se gâte. Il a^ je crois, envie de parvenir. Du reste rien de nouveau ici. En politique je prévois de grands maux et des catastrophes inévitables. Tout se prépare pour cela. Les belles choses que pourrait -écrire aujourd'hui un esprit élevé, et qu'il lui sarait aisé d'être prophète ! Mais les royalistes et les libéraux s'entendraient pour le scier entre deux planches, comme Isaïe.

Je t'embrasse de tout mon cœur.

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