Alt même^ à Paris
La Chênaie, le 2 novembre 1823.
J'ai reçu, mon cher ami, la lettre que vous m'avez écrite de Rennes, et je vous en remercie. Je profite de l'occasion que me fournit le retour de M. de Lehen à Paris, pour vous envoyer la suite des Réflexions (I). En voilà cinq nouvelles
(1) Réflexions pour une nouvelle édition de Vlmitation de Jésus-Christ.
feuilles qui terminent le second livre. Veuillez prendre la peine de les relire , je n'en ai pas eu le courage. Corrigez et changez ce qu'il vous plaira. Vous voyez qu'on peut sans risque conamencer l'impression. Je désirerais beaucoup que la traduction latine n'éprouvât pas de retard. Dites-le à M. Gibon, que je remercie de sa lettre. Ses questions, hors une, se trouvent maintenant sans objet. Si j'emploie, comme je le pense, les trois morceaux de Bossuet dans le IV* livre, il faudra qu'ils soient traduits comme le reste ; il n'y a pas à hésiter là-dessus. La prière de Louis de Blois, dont il me parle, est en elfet tirée du Guide spirituel; mais ce petit ouvrage est intitulé, dans les œuvres de Louis de Blois, Spéculum monachorum. Je ne vois pas autre chose à vous mander aujourd'hui sur ce qui concerne V Imitation.
Quant aux additions que mon frère désirerait que je fisse au petit dialogue, on ne pourrait les fondre dans ce qui est fait ; il faudrait un second dialogue qui ferait paraître Touvrage encore plus incomplet. Il devait y en avoir huit originairement. D'ailleurs je n'ai pas eu le temps d'entreprendre ce nouveau travail. Je crois donc qu'il faut imprimer cet opuscule tel qu'il est (1).
Il y a longtemps que le régime de mon frère m'afflige ; il s'use et se détruit à vue d'œil. Jelui en ai parlé plusieurs fois, et toujours inutilement. Je lui en parlerai encore sans espérer plus de réussite. Gela me peine au-delà de ce que je puis vous dire.
Adieu, mon cher ami, ménagez-vous. Voilà qu'on me demande les lettres pour Dinan. Il faut finir, mais non sans vous embrasser tendrement.
(If) Le Guide du premier âge.