‹ Œuvres inédites de F. LamennaisChapitre 21 sur 180 · l rabbéJean · texte numérisé non relu

l rabbéJean

Paris, 20 octobre 1826.

Il y a longtemps que je n'ai pu t'écrire,à cause des spasmes qui ne me permettaient aucune application, mais surtout celle-là. Je commence à me trouver mieux. Le repos me remettrait bien vite, si je pouvais avoir du repos; je tâcherai pourtant de m'en ménager un peu. Ma maladie est toute nerveuse: aucun organe n'est attaqué. J'espérais beaucoup du voyage, mais le mouvement de la voiture s'est trouvé tout à fait contraire à mon état, ce qui m'a fatigué extrêmement. Enfin me voilà de retour; c'est beaucoup. Il me tarde bien de te voir. Toutefois je t'engage à ne venir qu'au mois de février, afin que tu puisses rester plus longtemps, car nous aurons beaucoup de choses à nous dire. Je suis désolé de la maladie de notre bon évêque, et j'espère qu'elle n'aura pas de suite. Dieu le conservera pour le diocèse, qui a tant besoin de lui. Je te prie de m'envoyer Blanchi, et une Concordance de Cologne. Il y en a deux exemplaires dans ma chambre.

L'abbé Gerbet s'occupe de trouver une place pour Charles. . . Je ne l'ai point vu encore, et ne le verrai pas d'ici quelque temps. Il faut qu'il sente ses fautes, dontjenesuis, au reste, que médiocrement surpris. Il a toujours eu en lui, outre la légèreté, quelque chose de peu vrai, qui m'inquiétait souvent.

Ange a été plus qu'admirable avec moi. J'espère que Dieu le récompensera, même ici-bas, de tant de bonté et de tant de vertu.

J'ai reçu le beurre, et je t'en remercie. L'abbé Gerbet

(Kl VKKS INLUITES Ut LAMENNAIS 41

Tabbé II.. .et l'abbé deSalinis te disent mille choses tendres. Ils sont pleins de zèle pour le service de Dieu et la défense de l'Église. Ce n'est pas malheureusement la disposition générale de ce pays-ci : mais courage cependant, la vérité est bien forte. L'essentiel est de ne rien négliger, v.t vcrhum Dei currat. Je t'embrasse de tout mon cœur.

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