Au même
Paris, 2 novembre 1826.
L'abbé Le Tourneur t'aura dit en gros beaucoup de choses sur lesquelles je désire vivement causer avec toi. Cependant j'aime mieux que tu ne viennes qu'au mois de février, afin que tu puisses rester plus longtemps. Nous serons aussi plus à même alors d'arrêter notre opinion sur plusieurs points. Je profiterai de ton séjour ici pour avoir ton portrait, que Paulin Guérin m'a promis de faiTe. Je lui en sais infiniment de gré; il ne pouvait me faire plus de plaisir.
La brusque arrivée de Charles m'est devenue fort dispendieuse; prévenu d'avance, j'aurais pu lui ménager des ressources qui ont manqué entièrement. Enfin, c'est une chose finie. J'ai refusé de le voir, étant résolu à ne plus me mêler de ce qui le concerne. Sa tante en est avertie. Je lui ai donné, pour une dernière fois, ce que je pouvais ; à lui maintenant de pourvoir au reste. Ils auront les -400 fr. et il gagne en outre dès ce moment 50 fr. par mois. Son sort dépendra de sa conduite future. Puisse-t-elleêtre meilleure que par le passé.
Je te prie do m'envoycr des intentions de messes, 60, si cela se peut. Quoique ma santé soit loin d'être bonne, elle est cependant un peu meilleure; le repos achèverait de la rétablir, mais où y a-t-il du repos? Donne-moi des nouvelles de celle
de l'évoque. Nous sommes toujours inquiets de lui, tout en espérant que Dieu le conserve à notre malheureux diocèse, Offre-lui de ma part, vœux, respects et amitiés.
Tous nos amis te disent mille choses tendres.
Je t'embrasse de tout mon cœur.
- 264. — Au même.
Paris, 15 novembre 1826.
Ta lettre me donne de grandes inquiétudes sur papa. Son âge et l'épuisement de ses forces peuvent rendre funeste chaque nouvelle crise. Après tout, on ne saurait regretter beaucoup pour les personnes chères, ce qu'on désirerait pour soi-même, le dernier, ou plutôt le premier et éternel repos.
J'ai été très-souffrant ces jours- ci; le travail, les tracasseries, les inquiétudes, les chagrins prennent sur les nerfs et disposent au spasme. J'irais passer quelque temps en Bretagne, si je pouvais supporter la voiture, et si ma présence n'était pas nécessaire ici.
J'ai la certitude que les paroles dont t'a parlé l'abbé Le Tourneur ont été dites. L'application n'est qu'une conjecture, mais c'est l'opinion unanime en Italie.
Le gouvernement a demandé au Pape pour les évêques de France, une permission universelle d'accorder les dispenses de mariage. Le Pape s'y est refusé jusqu'à présent.
J'aurai beaucoup de choses à te dire. Mes affaires, celles qui m'intéressent le plus, vont bien. Je crois que Dieu les bénira.
Mille choses tendres à papa. Souvenirs respectueux à monseigneur. J'cmbrasso l'abbé Le Tourneur.
Tout à t(ji in Chrisio et Maria,
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