‹ Œuvres inédites de F. LamennaisChapitre 24 sur 180 · A rabbe .V · texte numérisé non relu

A rabbe .V

La Chênaie, 5 mai iS:î7.

Mille grâces de votre bonne et aimable lettre, mon cher ami, et autant à Tabb»' tle Salinis, pour ce qu'il a en la

complaisance d'y ajouter. J'ai éprouvé quelques jours de fatigue et de migraine à mon arrivée ici, mais à présent je suis très-bien. L'essentiel est de se mettre au travail. Quoique je ne perde pas de temps, j'avance à peu de chose. Gela viendra, j'espère, avec l'aide de Dieu; priez-le pour moi. Je compte sur l'hiver, c'est ma saison pour ce qui tient aux écritures. Croiriez -vous bien que je me suis mis à me lever à six heures, et sans beaucoup de peine, attendu que je me couche à neuf. Je suis d'autant plus aise de ce changement, que je peux direlasainte Messe tous lesjours. Du reste jene m'ennuie point, et je ne désirerais rien si je pouvais voir les personnes que j'aime. Du moins écrivez-moi souvent, en attendant que vous veniez avec le cher abbé de Salinis. Tout le monde vous désire ici, ce sera une vraie fête que de vous revoir. Mais ni alors, ni jamais ne me reparlez de ce dont vous m'entretenez à la fin de votre lettre ; rien ne me ferait plus de peine. En sommes-nous donc là, mon cher ami ? Je voulais écrire à Mahony, mais je n'aurai pas le temps cette fois. Dites-lui que je l'embrasse de tout mon cœur, et que j'ai trouvé son article charmant, surtout la fin. L'ancien grand-vicaire, qui aime la gaieté, devra être content. La résignation entre les mains de Pilate est une des plus drôles de choses qui ait jamais passé dans l'esprit d'un homme. Il faudrait que cela fût su; cela vaut tout un livre.

Le clergé est parfait dans ces contrées. Le bon Dieu soit béni ! La vérité germe encore sur la terre.

Je suis assez content de mes arbres, mais les lapins ont fait du dégât dans les pépinières. 11 y a des tribulations partout.

Je ferai toutes vos commissions. Distribuez, je vous prie, compliments et amitiés parmi tout ce qui vous entoure, sans oublier le bon Gouraud, ni le prince Casimir, ni M. Popiel,

ŒUVFiES INÉD1TP:S de LAMENNAIS '«')

quand vous les verrez. S'il fallait nommer tout le monde, je ne finirais pas.

Le dernier .l/émortfl/ était excellent; le prochain ne sera pas moins bon, d'après ce que vous me dites : mais il faudrait tâcher de remédier aux inexactitudes de la poste. J'écrirai prochainement h l'abbé de Salinis. Je vous embrasse tous les deux bien tendrement, ainsi que l'abbé Rohrbacher et Godin. Souvenirs à Werner.

Je n'ai point de nouvelles de mon frère depuis qu'il est h Redon.

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