Au 'nfiême
La Chênaie, le 10 juin 1827.
J'ai reçu hier, mon cher ami, votre lettre sans date ; elle m'a. fait grand plaisir, ainsi qu'à mon frère qui est ici depuis deux jours, et pour très-peu de jours. Ne vous inquiétez pas que vos lettres soient courtes, quand vous avez peu de choses à dire, je ne vous demande pas qu'elles soient longues, mais fréquentes, autant que cela se pourra sans vous trop gêner. Je souffre beaucoup quand je suis quelque temps sans recevoir de vos nouvelles.
Le livre de M. Rosset, de Saint-Jean de Maurienne, ne m'est pas encore parvenu. Je lui répondrai quand je l'aurai reçu.
Je vous renvoie la lettre de Blois, avec prière d'y répondre. Dites-lui d'abord de lire votre livre; ensuite qu'une réponse détaillée à ses questions formerait un volume ; qu'une partie de ce qu'il demande se trouve dans VEssal et dans la Défense ; et enfin qu'il trouvera lui-même l'éclaircissement des difficultés qui l'embarrassent, si, laissant de côté les subtilités scolastiques, il s'applique à résoudre les objections des protestants contre l'Église, et des sceptiques contre le sens commun, conçu selon sa notion la plus simple et la plus vulgaire.
Je ne crois pas devoir répondre à G.... Ce serait éternel et sans résultat. Ce furieux a reçu mission de l'enfer pour combattre Dieu et son Église. 11 peut faire du mal, il en fera même certainement, mais la Providence Tarrètera au point qu'elle a fixé d'avance, et il ne prévaudra pas plus que celui qui rinspire. Necesse est ut veniant scandala ; sed vœ ei per quem scandalum venit.
ŒLVRES INLUITKS UE LAMKNNAlS 49
L(i iioiiiiiK' h IJayeiix est un sorhonniste forcené. M. (J«î la (luùrùterie est un lioiiime pieux ; mais s'il accepte, ce dont tout le monde doute ici, ce sera une caricature d'évôque. Tous ces choix sont déplorables, et il serait à propos qu'on le sût.
Ne manquez pas d'entretenir les liaisons que vous avez iormées dernièrement. J'écris un mot à M. Waille. Mille amitiés à l'abbé do Salinis, etc., etc. Je vous embrasse tendrement.