Au même
Le 21 juin 1827.
J'ai oublié de vous dire, mon cher ami, de ne pas manquer de descendre, à Rennes, chez les Missionnaires. Autant en fera le jeune homme que j'attends, et qui aura une lettre pour l'abbé de Salinis, s'il arrive après votre départ, comme je le crois. Prévenez-en l'abbé de Salinis.
Quarc frcmiœrunt gentcs et populi méditât i sunt inania? Une conspiration contre J.-C. et son Église s'ourdit en ce moment à Paris. Des hommes plus coupables que Crammer, car celui-ci pouvait au moins alléguer la crainte d'Henri YIII, travaillent à nous jeter dans le même abîme. Leur conscience a cessé de parler, et rien ne les arrêtera désormais; il
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faut compter là-dessus. Dieu s'est retiré d'eux, il leur ii dit : Faites! Tout c(3 que la perversité astucieuse et froide peut concevoir de plus odieux, tout ce que la rage peut inventer de plus violent, nous le verrons. Mais en dépit de tous leurs eiïorts, de toute leur puissance, de toutes leurs ruses, de toutes leurs persécutions, la foi trioniphera. Jamais ils ne parviendront h la détruire en France; et quand ils réussiraient à établir un schisme légal, le peuple restera catholique. Au reste, plus les circonstances sont graves, plus nous devons demeurer fermes, et redoubler de zèle et de courage. Ne voyons que Dieu, et ne cherchons que lui : SursiDti corda! Marchons jusqu'au bout sans crainte et sans faiblesse dans la voie qu'il nous a tracée. Nemo inittens manum sucun ad aratrum et respicicns rétro ^ aptus est regno Del. Défendons sa cause jusqu a la mort. Après cela, quoi qu'il arrive, nous serons tranquilles, car nous aurons fait notre devoir. Que faut-il de plus?
Je n'entends point parler de mes livres italiens; veuillez en dire deux mots à M. Waille. Si vous pouviez être ici le 7 juillet, cela ferait grand plaisir à mon frère, qui s'y trouvera à cette époque, mais pour deux jours seulement. Je vous embrasse bien tendrement.