A M. Le Cudennec
Le 15 octobic 1827.
Il est bien clair, mon cher ami, que tu n'as pu faire mieux pour ce triste arbitrage, et qu'il Faut en accepter le résultat, quel (juil puisse être. Je te prie seulement de nouveau de m'envoyer le texte des dispositions relatives à la nil)liot/ièque ((es Dames ehrétieinies (l).
(1) Compilation ilc M. de b^;iMil-\ iilor. l-amemiaisy a ilonno quelques pivl'aces.
Tu te trompes sur la Journée du Chrétien; la préface est de moi, ainsi que tout ce qu'il y a de neuf dans le livre. Le reste a été fait avec des ciseaux. Je crains des difficultés pour l'évaluation des clichés. C'est M. de Saint- Victor qui les a fait faire, et ils ont coûté trois ou quatre fois plus que leur valeur réelle. Je ne serais pas surpris qu'à présent il ne voulût les reprendre qu'à ce dernier prix.
Il avait aussi commencé le clichage, format in-J8, de quelques autres ouvrages mentionnés dans notre transaction primitive et qui devaient me rester. L'un de ces ouvrages, le Guide Spirituel^ est tout entier de moi. Les arbitres lui en font présent. Je ne sais ce qui a pu les arrêter en si beau chemin, et pourquoi ils ne lui ont pas aussi alloué VEsso.i. Quoi qu'il en soit, il sera tenu, ce me semble, de se ^charger des clichés ; et la même difficulté se présentera pour l'estimation.
Mande-moi s'il est question de mes chemises dans le jugement.
Je n'ai point encore vu M. Devaux. A-t-on mis en règle ce qui regarde la pension viagère. C'est tout ce qui me reste, et encore faut-il en déduire 1,100 f. pour mon père et mon oncle, de sorte que j'ai 400 f. pour vivre. Je m'arrangerai pour que cela me suffise.
Tiens-moi averti, autant que tu le pourras, des suites de cotte odieuse affaire. Je tâcherai, quand elle sera finie, d'oublier tout. Ton ami pour la vie,
F. DE LA MeNNAIS.
Mon beau-frère t'enverra quelques notes sur le coût des clichés de la Journée du C/irétien. eic. Il m'a dit que j'étais chargé dans les comptes fournis aux arbitres d'une somme assez forte, pa3^ée par M. de Saint-Victor à des libraires qui
lui avaient lait des diriicultés au sujet de ïEucologe, ayant acheté de rarchevêque le privilège d'imprimer seuls ces sortes de livres. M. de Saint-Victor restant seul propriétaire de VEucologc, devra me rapporter cette somme, qui est au moins de 1,800 l'r., à ce que m'a dit Ange.
27 4. — An ini'iiic.
19 octobre 1827.
Je t'envoie, mon cher ami, ma note et une lettre de mon beau-frère, à laquelle je n'ai rien à ajouter. M. Devaux te portera les pièces annoncées, et s'entendra avec toi pour le compte à rendre à M. de Saint- Victor de la Journée du Chrctien y etc.
Les observations touchant les billets Nicole et La Gharie 5ont importantes.
Nous sommes convenus avec M. Devaux de ce qui suit :
Mon beau-frère ne voulant pas engager de nouveaux capitaux dans la librairie, et de nouvelles dépenses étant néanmoins indispensables pour assurer le développement et la solidité de l'affaire ainsi que pour prévenir, si elle se divisait, les difficultés d'administration qui résulteraient de cette division et les difficultés plus grandes qui se présenteraient à la fin de la commandite, j'ai réussi à concilier les divers intérêts d'une manière dont tout le monde a été satisfait. Il a donc été convenu :
1** Que la totalité de raiïaire serait portée à 480,000 f. au lieu de 400,000 f., de façon cependant qu'en aucun cas il n'y aurait plus lieu à de nouvelles mises de fonds.
2° Que les 80,000 f. dont l'nffaire est augmentée servirai.Mit
à la confection des ouvrages nécessaires pour assurer le succès des opérations communes.
3° Que les bénéfices des deux premières années seraient consacrés au même objet, ainsi qu'aux réparations qu'exigent les anciens clichés, etc.
4° Que les 40,000 f. qui incombent à la commandite pour la moitié des 80,000 f. ci-dessus, seraient payés à MM. Eelin- Mandar et Devaux, d'abord par l'extinction de ma rente viagère de 1,500 f. capitalisée, au denier dix, à partir du premier juillet dernier, ci fr. 15,000
Par le produit successif de mes ouvrages propres jusqu'à la concurrence de fr. 25,000
Somme égale fr. 40,000
5° On se tiendra mutuellement compte des intérêts qui pourraient résulter, soit de l'avance soit du retard delà rentrée de ces 40,000 fr. comparativement avec les dépenses faites.
Un nouveau traité, additionnel au premier traité de commandite, sera dressé sur ces bases, et on y exprimera que MM. Belin et Devaux ont touché ou toucheront de M. Ange Blaize, par mes mains, lesdits 40,000 fr. comme il est expliqué plus haut, art. 4.
Et maintenant, pour ce qui me concerne particulièrement, tu verras par la note ci-jointe et par la lettre de mon beaufrère, que le solde qui me sera dû par M. de Saint-Victor, joint aux billets Nicole, excédera certainement ^20,000 fr. et approchera môme de 30,000 fr.
Sur cette somme, j'achèverai d'abord de rembourser M. de Musigny, et ensuite je paierai 5,000 fr. à M. de Rainneville, qui, pour les 20,000 fr. que je resterai lui devoir, aura un in-, térêt d'un douzième dans la commandite, portée de ^200,000 fr.
ŒL'VHKS INKDITKS I) K LAMKNNAIS 57
à ^40,000 tV. La cession lui on sera r«nte,ponr jr)nir dnflif intérêt conformément aux deux traités.
Il ne me reste qu'à t(î prier derechef de m'envoyer copie de la partie du jugement arbitral qui regarde la liibliothi'qnc des Dames cliréliennes. Je t'embrasse, mon ami, de tout mou cœur.