A M. Le Cudennec
La Chênaie, le o décembre 1827.
Ton 'silence me fait craindre, mon cher ami, que l'arrêté de compte avec Saint- Victor n'éprouve des difficultés. Je ne doute pas qu'il ne traîne en longueur le plus possible, à cause du solde qu'il doit payer. Cependant il faudra bien que cela finisse. Dis-moi combien tu penses que ces retards peuvent durer encore. J'ai un grand désir de rembourser M. de Musigny.
Je t'écrivis, il y a environ deux mois, au sujet d'un rapport de fonds de 40,000 francs dans la commandite. Je viens de recevoir enfin une lettre de MM. Belin et Devaux, qui acceptent l'arrangement dont je t'ai parlé, à la différence près qu'ils ne veulent point prendre en payement ma rente viagère de 1,500 francs mobilisée au denier dix, mais se rembourser desdits 40,000 francs sur les premières ventes de mes ouvrages. Tu verras par la lettre incluse que j'insiste sur les premières conditions. Cependant, s'ils refusaient jusqu'au bout de les accepter, j'en passerais par l'autre arrangement; et, dans l'un et l'autre cas, je te prie de rédiger un acte additionnel à celui de commandite, où sera stipulé ce qui suit :
1" Qu'on a reconnu la nécessité, pour donner à l'affaire de la Librairie classique les développements qui doivent en assurer le succès, d'employer à l'achat et composition de nouvaux ouvrages et à la correction des anciens, les bénéfices des deux premières années, et en outre une somme de
80,()()() francs qui ne pourra, en aucun cas, ôtre augmentée désormais.
2° Qu'il incombe, dans cette nouvelle mise de fonds, 40,000 francs à la commandite.
3° Que ces 40,000 francs seront payés par moi, pour le compte de M. Ange Blaize, de la manière suivante
4*^ Que MM. Belin-Mandar et Devaux fourniront chaque année un compte régulier des dépenses et des recettes jusqu'à la concurrence desdits 40,000 francs, et que, dans le cas où les rentrées provenant de la vente de mes ouvrages, excéderaient les payements faits par eux pour la commandite, ils tiendraient compte de l'intérêt à 5 p. 0/0 sur cet excédant.
Mon intention est toujours de rembourser sur ce qui me reviendra de Saint-Victor, 5,000 francs à M. de Rainne ville, de manière qu'il restera intéressé seulement de 20,000 francs ou d'un douzième dans la commandite. Mais on ne peut terminer avec lui que le second acte ne soit signé.
M. Devaux a dû te remettre le double de mon traité particulier avec sa maison. S'il ne l'a pas fait, je te prie de le lui redemander. Je lui ai donné aussi une autre reconnaissance pure et simple, où je déclare que lui et M. Belin sont seuls propriétaires de mes ouvrages. J'étais convenu avec lui que vous rédigeriez ensemble une contre-lettre, laquelle resterait entre tes mains. Je ne sais pas s'il t'en a parlé, mais c'est une chose à mettre en règle sans retard. Je t'embrasse de tout mon cœur et suis tout à toi.