‹ Œuvres inédites de F. LamennaisChapitre 52 sur 180 · Au même · texte numérisé non relu

Au même

Rome, 1" février 1832.

J'ai reçu hier votre lettre du 12 janvier, qui m'apprend que vous avez été malade à Juilly. Je vous conjure de vous ménager et de songer avant tout à votre santé, qui nous est si nécessaire. Le second bulletin de l'Agence nous est arrivé, ainsi que votre première conférence. Nous avons regretté de n'avoir que deux exemplaires de celle-ci. Elle est excellente, et nous ne doutons pas que ce cours ne fasse beaucoup de bien. G'est le commencement d'une grande chose. Tout bien examiné, le mieux est de ne pas répondre au Père Ro^aven.

Dans la prochaine édition de votre livre, ayez soin seulement de faire revenir parmi vos additions, les éclaircissements que les attaques de ce Jésuite pourraient rendre utiles, mais sans faire la moindre mention ni de lui ni de son ouvrage. Il ne cherche autre chose qu'à entamer une discussion qui lui donnerait une importance que par lui-môme il n'a pas. Il faut laisser ces gens-là tranquilles dans leurs intrigues et dans leur bêtise, etcontinuer de marcher en avant. Quant ànos Constitutions, je vous ai déjà mandé de ne pas mêles envoyer, à moins que vous ne trouviez une occasion très-sûre. Le moment n'est pas venu de s'occuper de cet objet, mais il viendra. Tout se prépare ici et dans le reste de l'Europe pour un grand réveil du catholicisme. Jusque-là, encore une fois, il faut attendre, et l'on n'attendra pas \ougiem[)s. Deus prope est. Il viendra à notre secours pour nos affaires personnelles, et nous protégera contre les persécutions de certains hommes, qui peuvent bien nous éprouver, mais qui ne pourront rien de plus. La Providence veille sur nous, n'en doutez pas. Ce sera une fort bonne chose qu'un changement de maison, qui diminuera notre loyer. Si cet arrangement a lieu, parlezm'en un peu plus en détail. J'espère que le voyage de M. Gombalot pourra aussi être de quelque fruit pour nous.

Je n'ai rien de nouveau à vous mander sur nos affaires ici. Avant d'aller plus loin, il a fallu faire lire à plusieurs pt^rsonnes notre Mémoire qui est assez long. Voilà oii nous en sommes. Après qu'il aura été présenté, nous ne tarderons pas à savoir ce qu'on fera, ou ce qu'on ne fera pas, et nous prendrons notre parti là-dessus.

Je m'ennuie beaucoup dans cette ville, n'ayant aucun goût pour aller voir ce qui attire ici les étrangers et perdant presque tout mon temps à recevoir et à rendre des visites. Je voudrais travailler et je ne le peux. Toutefois, notre voyage

aura été certainement utile sous plus d'un rapport. Dieu se sert de tout pour arriver à ses fins.

J'ai reçu une excellente lettre de M. de Goux, et je ne tarderai pas à y répondre. Dites-lui que son projet me semble très-bon, et que je l'engage à méditer les moyens d'exécution. Plus cette affaire serait importante, plus il convient de ne l'entreprendre qu'avec beaucoup de réflexion. 11 serait fort à désirer que ses conférences sur l'économie politique fussent publiées ainsi que les vôtres. C'est un des sujets sur lequel il importe le plus de répandre une vraie lumière, et de diriger l'attention des catholiques. Je vous embrasse de tout mon cœur. Embrassez pour moi nos chers enfants. Souvenirs à tous nos amis.

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