‹ Œuvres inédites de F. LamennaisChapitre 61 sur 180 · nirnic · texte numérisé non relu

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Paris, le li juillet 1832.

Mon cher père,

M. Gerbet, dont vous me demandez des nouvelles, se porte assez bien maintenant. Il est toujours à Bruxelles, ayant la haute direction du journal Yinion. Elie est à ses côtés, et il remplit provisoirement les fonctions de rédacteur en chef. Probablement M. Wàille l'a remplacé actuellement, il est parti d'ici mardi dernier, c'est-à-dire le 10.

J'ai reçu la réponse de la lettre que j'avais écrite, comme vous m'en aviez prié, au prince de Hohenlohe. J'ai écrit aussitôt au frère Paul, lui envoyant la note qui fixe les jours des22et31 juillet, 9 heures du matin, pour s'unir d'intention au prince qui célébrera la messe dans ce moment.

M. Lacordaire est chez un de ses amis près d'Amboise, et M. d'Ault nous a quittés, il va une semaine, en sorte que je suis seul avec M. de Gouxà VAgen<:e.

Nous avons reçu de M. Féli une lettre très-consolante, dont M. de Goux m'a permis d'envoyer des extraits aux dilîérents donateurs qui nous doniaudaient des nouvelles des pèlerins. Nous avons soin toutefois de taire les noms des personnages qui ont donné à M. Féli des marques si visibles de leur approbation et de supprimer ce qui concerne les évoques. Je pense donc, mon père, que vous serez satisfait d'à-

voir une copie du passage susdit, peut-être ne connaissezvous pas ces détails.

« Les hommes les plus habiles et les plus considérés de Rome, dit M. Féli, désirent vivement que nous recommencions r^î;emr. Hier nous eûmes une conférence avec le Cardinal Micara. Voici en résumé ce qu'il nous a dit :

« Vous êtes venus à Rome pour demander que l'on con- (( damnât vos doctrines si elles renfermaient quelque chose « de condamnable ; vous avez fait cette demande de vive voix (' et par écrit : on ne les a point condamnées, donc elles ne (( sont point condamnables, et nul n'a le droit de les accuser « d'être contraires à la foi catholique. Si on avait eu quelque (( avertissement à vous donnera cet égard, vous auriez reçu un « monitoire canonique. Vous n'en avez point reçu et vous êtes « dès lors parfaitement en règle et parfaitement maîtres de vos (( actions et de vos discours; le silence du Saint-Siège vous jus- (( tifie, parce que l'Église qui condamne l'erreur et les écrits « qui la contiennent, ne procède jamais par voie d'approba- « tion. Continuez donc de la défendre comme vous l'avez fait, (( elle en a plus besoin que jamais. Recommencez V Avenir. (( C'est ce que je ferais à votreplace. Parlez avec énergie et avec « plus d'énergie que vous ne l'avez fait encore, parce que le « danger est plus grand. C'est ainsi qu'ont agi les Pères, et il (( n'y a pas lieu de craindre de s'égarer en suivant leur exem- (( pie. Tant pis pour les évêques qui désapprouvent vos ef- « forts. S'ils ignorent ou méconnaissent leurs devoirs, ce n'est « pas une raison pour que vous abandonniez les vôtres. >♦

(( Nous savons avec certitude que d'autres cardinaux partagent les sentiments du Cardinal Micara. Le Père Olivieri, commissaire du Saint-Office, et le premier théologien de Rome, le Père Mazctti, carme dont la réputation n'est pas moingrande, et l)eaucoup d'autres nous donnent les mêmes cons

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seils, nous expriment les nn^mesvœux. « Quand vous auriez, « dit le Père Mazetti, tous les évoques du monde contre vous, (( ne vous en inquiétez en aucune manière, tandis que le Pape « ne vous condamnera pas. »

M. Féli ajoutait qu'il espère <^tre en Belgique dans la première quinzaine de septembre.

Agréez, mon cher père, Tassurance de mon amour et de mon attachement.

Votre enfant,

E. BoRÉ.

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