‹ Œuvres inédites de F. LamennaisChapitre 63 sur 180 · A r.abbé · texte numérisé non relu

A r.abbé

Venise, le 31 juillet 1832.

Nous sommes, mon chxer ami, arrivés ici avant-hier, et à quelques spasmes près, ma santé est assez bonne. Cette ville renfermant beaucoup de choses que Montalembert veut voir, nous y séjournerons quatre ou cinq jours, après quoi nous prendrons la route de Munich par le Tyrol. J'écris aujourd'hui à M. Benoît de me mander à Francfort si ma cession a été admise. Si sa réponse est affirmative, nous nous rendrons directement à Paris par Strasbourg, sans passer par la Belgique, afin d'éviter un surcroît de dépense et de fatigue. Si notre voyage s'arrange ainsi, je vous écrirai de Francfort pour vous en prévenir, et alors nous nous rejoindrons immédiatement à Paris, oii il sera très-important que nous nous retrouvions sans aucun retard, pour causer de toutes nos affaires, et aviser aux moyens de reprendre le plus tôt possible V Avenir. Dans tous les cas, ne prenez point de nouveaux engagements à Bruxelles : ils seraient tout à fait incompatibles avec nos œuvres qui exigent le concours de nos travaux à tous. Ménagez votre santé, mon cher ami, et embrassez pour moi notre cher Élie. Montalembert vous dit mille choses tendres. J'ai reçu hier des lettres de M. de Goux et de M. d'Ault-Dumesnil. lis attendent notre retour impatiemment et sentent vivement la nécessité de recommencer 1/1venir. Je compte beaucoup pour cela sur le secours de la Providence, qui ne permettra pas que la religion reste sans défense dans notre pays. Tout à vous de cœur.

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:n;j. —A Cabbc Jean.

Venise, le 31 juUIel 1832.

J'ai reçu hier ta lettre du 8, qui m'a fait grand plaisir. Nous sommes arrivés le 29 dans cette \ille, et nous en repartirons dans quelques jours, après queMonlalembert aura \u ce qu'il désire voir. Nous serons à Munich vers la mi-août, et de là à Francfort, où j'écris à Benoît de me mander si ma cession a été admise par le tribunal, parce que, dans ce cas, au lieu de passer par la Belgique, nous nous rendrions par Strasbourg à Paris directement. J'espère donc que c'est là que nous nous rejoindrons et peut-être retournerai-je avec toi en Bretagne pour me reposer quelque temps à la Chênaie, ety achever un travail commencé à Rome, tandis qu'on s'occupera des moyens do reprendre V Avenir. Il est bien vrai que le manque d'une direction commune s'est fait depuis mon départ extrêmement sentir, et j'ai hâte de remédier à cet inconvénient grave. Encore deux mois, et tout marchera, je l'espère. Mais, outre cette alîaire, nous aurons aussi à parler des nôtres propres, sur lesquelles j'ai à te dire une infinité de choses importantes. Tu as bien fait de rappeler nos jeunes gens de Juilly. Il n'y avait pas de motifs pour les y laisser plus longtemps, et il est bon de les avoir à notre disposition.

Toutes tes lettres me sont parvenues, ainsi que la traite de 1,000 francs sur Rome. J'ai renvoyé celle-ci à Paris, où je retrouverai cet argent à mon arrivée. Je te donnerai alors la note de ce que j'ai payé pour tes commissions.

11 est vrai que l'archevêque de Toulouse et une douzaine d'autres évêques ont envoyé à Rome une espèce de mémoire,

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dans lequel ils demandent la condamnation d'un certain nombre de propositions extraites d^. mes livres et je crois aussi de ceux de l'abbé Gerbet. Je suis charmé de cette démarche et de la publicité qu'on y a donnée. Car il est plus que probable que ces évêques n'obtiendront point la condamnation qu'ils sollicitent, et le silence de Rome sera pour nous une pleine justification. Courage et patience. Je t'embrasse tendrement.

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