Aicop membres du comité réformiste, à Perpignan
Sainte-Pélagie, 6 avril 1841,
Frères,
En remplissant le moins mal que j'ai pu mes devoirs de Français et de citoyen, il était impossible que je ne rencontrasse pas la haine de ceux qui se sont faits des intérêts opposés à ceux de la patrie. En réclamant les droits du peuple, il était impossible que je n'excitasse pas contre moi la colère des oppresseurs du peuple. A cet égard, tout s'est donc passé comme il devait se passer. La prison m'était due pour avoir défendu la cause juste. J'y suis entré avec une grande joie, parce que ce m'était une preuve que mes paroles n'avaient pas été entièrement perdues, parce que la sympathie de mes frères, la sympathie du peuple m'y suivait. Je vous rends grâces des encouragements que de nouveau vous m'adressez. Ils me sont chers autant qu'ils m'honorent; croyez que je ne les oublierai point. Ils me fortifieront plus tard dans le combat que nous aurons à soutenir ensemble et qu'aucun de nous n'abandonnera avant la victoire qui nous est tôt ou tard assurée.
Recevez tous l'assurance de mon inébranlable fidélité et de mon dévouement sans réserve.