‹ Œuvres inédites de F. LamennaisChapitre 88 sur 180 · À M, Ange Blaize · texte numérisé non relu

À M, Ange Blaize

Arnay, 18 juin 1843.

Je profite du départ d'Adrien (1) pour te donner de mes nouvelles. J'ai repris quelque force et un peu d'appétit, quoique je ne sorte pas autant que je voudrais et qu'il le faudrait

(1) M. Benoit-Champy.

pour tirer tout le fruit possible de mon séjour à la campagne. Nous n'avons eu qu'un seul jour sans pluie, et je crains bien que l'été ne finisse comme il commence. Les blés ne souffrent pas encore, mais on aura de la peine à ramasser les foins. Je compte finir le mois ici, et m'en retourner dans les premiers jours de juillet. Benoît reçoit VÉtat (1). J'y ai vu Tarticle sur ton livre. Quant à l'État, il ne s'annonce pas d'une manière fort brillante. C'est à peu près le Siècle pour les opinions; du reste, flasque et vide, quelque chose de terne, d'effacé, d'impuissant, une parddie de Louis XIV, quand il disait : F État c'est moi.

Presse, autant que tu pourras, le tirage de Vlmitatmi, Les retards qu'elle a subis m'ont fait beaucoup de tort.

Quoique je ne puisse être mieux et plus agréablement chez les autres que je ne suis ici, je me retrouverai avec grand plaisir chez moi. Toutefois le déplacement et la fatigue même m'auront fait du bien, je crois. Je t'embrasse de cœur.

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