‹ Œuvres inédites de F. LamennaisChapitre 96 sur 180 · Au mcmc · texte numérisé non relu

Au mcmc

Paris, i'^r jiQÙt 18 tj.

Je prends bien part, mon cher monsieur Dessoliaire, aux peines que vous avez à supporter. Dès qu'on veut faire un peu de bien en ce monde, tout aussitôt on est calomnié et

persécuté. Mais il ne faut pas se décourager pour cela. Seulement soyez prudent, modérez votre zèle, et tâchez d'amortir les haines injustes à force de douceur. Ne choquez personne inutilement; il y a des gens que la vérité aigrit : ceux-là laissez-les à eux-mêmes, vous ne les ramènerez point. Quand le cœur est mauvais, il entraîne l'esprit à sa suite. Heureusement vous avez autour de vous des hommes d'une volonté droite. Appuyez-vous les uns sur les autres, vous achèverez votre route en paix.

J'ai fait dire à Pagnerre de vous envoyer les livres que vous me demandez. Quant à madame GeofCroy-Saint-Hilaire, elle vous est toujours très-attachée ainsi que sa mère. Soyez bien tranquille de ce côté. Je vous remercie de ce que vous me dites au sujet des vers qui piquent mes habits. Je recommande souvent de les mettre à l'air et de les brosser; mais ce sont des soins qu'il est difficile d'obtenir. Nous avons ici des pluies continuelles, qui m'ont rendu malade, mais non dangereusement. En ce moment j'ai la migraine; ce qui me force de finir ma lettre, car je vois à peine ce que j'écris. Croyez, mon cher Dessoliaire, à tous mes sentiments pour vous; ils sont aussi affectueux que dévoués.

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