‹ Œuvres inédites de F. LamennaisChapitre 99 sur 180 · yi M. DcssoUaire · texte numérisé non relu

yi M. DcssoUaire

Paris, 13 octobre 18 i5.

Mon cher monsieur Dessoliaire, il suffira que je reçoive vers la fin de novembre les objets que vous avez à m'envoyer, ce qui permettra de profiter de l'obligeance des personnes qui veulent bien se charger do les apporter. Je suppose que cela ne leur causera pas de gène, sans quoi j'aimerais mieux prendre la voie de la diligence.

Continuez de faire tout le bien que vous pourrez : on n'emporte dans l'autre vie que cela seul avec soi. Mais agissez avec prudence, afin de ne pas froisser les gens qui seraient disposés à se faire vos ennemis. Vous avez besoin de votre

état, et vous vous devez à votre famille. Réglez votre conduite là-dessus. Le zèle le plus pur comme le plus ardent est subordonné au devoir, et les premiers devoirs de père de famille sont envers les siens.

Prenez un peu de patience pour VEsquisse. On attend pour vous l'envoyer que la nouvelle édition à.' Une Voix de prison paraisse. On me dit toujours que cela ne tardera pas, et cela tarde toujours. Je voudrais que cet envoi vous fût fait aux moindres frais possibles. Une occasion serait bien le mieux, s'il s'en présentait. La poste coûte trop cher. Dites-moi si ces livres pourraient vous être adressés à La Châtre par la diligence, et si vous auriez un moyen facile de les y faire prendre au bureau.

Ce que vous me mandez sur la misère dont les pauvres sont menacés l'hiver prochain est désolant. Dans presque toute l'Europe, les récoltes sont mauvaises. Espérons que la Providence viendra au secours de tant de malheureux. Les dix-neuf vingtièmes, pour le moins, des maux qui pèsent sur l'humanité disparaîtraient, si les hommes étaient vraiment frères. Mais ils sont encore bien loin de là. N'affranchissez pas désormais vos lettres. Gomme je connais votre écriture, il ne serait pas à craindre qu'elles soient refusées.

Je vous renouvelle l'assurance de ma sincère affection.

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