‹ Œuvres inédites de Pierre MotinChapitre 25 sur 56 · ADIEU AUX MUSES · texte numérisé non relu

ADIEU AUX MUSES

Je veulx prendre congé de ces belles sorcières, Du troupeau mensonger de ces Muses qui m'ont Trop longtemps retenu dessus leur double mont A boire le chrystal de leurs froides rivières.

fay perdu y malheur eux y six années entières A façonner des vers, vers ingrats qui me font, Au plus verd de mon âge, en mes forces premières, Des rhumes à la teste et des rides au front.

Je ne veux plus marcher pensif et solitaire; Courtisan des neuf Sœurs, je fus leur secrétaire : Je quitte cet estât que fay si fort aymé.

Je le veux resigner, il m'est trop difficile. Aussy durant ce temps de la guerre civille Ce bel estât nouveau m'eust été suprimé.

AULTRE

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