TOME IV
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chez les Egyptiens qu'une suite de caractères, ou plutôt d'images , représentant grossièrement les objets que l'on voulait rappeler à l'esprit. La figure d'un sphinx , d'un lièvre, d'un arbre, d'un oiseau, d'un homme, signifiait différentes idées , dont le résultât composait ou une sentence , ou un trait d'histoire. C'est ce qu'on appelle les hiéroglyphes. Presque tous les monumens publics en Egypte en étaient couverts. Le temps, qui perfectionne et détruit tout , fit abandonner ces hiéroglyphes pour des caractères moins grands, plus faciles à mettre en cadre , plus propres à exprimer le langage. Un alphabet se forma, soit en Egypte , soit en Phénicie , ou ailleurs. L'ancienne écriture hiéroglyphique cessa d'être familière.
Les prêtres y virent un secret de
D t:n outrage historique. 91
plus , et la conscrTèrent pour eux • elle fit partie des sciences cachées qu'ils ne communiquaient qu'aux initiés.
On ne sait rien èe certain sur ces sciences secrètes. On peut seulement présumer que le tond de cette doctrine était l'existence d'un Dieu créateur de l'univers . les grands principes de la morale mêlés à des systèmes de théologie , et quelques secrets de la physique, à l'aide desquels ces prêtresse faisaient passer pour des magiciens. Les lirres qu'ils possédaient et qu'ils attribuaient à leurs deux Mercures , étaient au nombre de plusieurs mille. L'Egypte est le premier pays où Von ait tu des bibliothèques ; et l'inscription qu'on avait mise sur ces dépôts des connaissances humaines, était la plus belle qu'on eût inrentée.
phie.
On y lisait ces paroles : Trésor des remèdes de Vâme.
phiioso- La philosophie , qui ne cache point le peu qu'elle sait, qui n'aime à recueillir des lumières que pour les répandre et en augmenter le bonheur de l'humanité , cette philosophie douce et bienfaisante n'était guère connue en Egypte. Cependant , comme il ne lui faut d'autres maîtres que la raison et le sentiment, il est vraisemblable qu'elle existait. Une coutume singulière nous en prouve même l'abus , toujours plus commun que l'usage. Dans les festins des particuliers, au milieu de la joie qui animait les convives, on apportait un cercueil dans lequel était un mort embaumé; on découvrait cette figure, et l'on se disait , en la regardant : « Buvons , réjouissons - nous , car
d'un ouvrage historique, g^
» voilà ce que nous deviendrons. »
La médecine était cultivée, mais ^i^^^ on y mêlait des opérations magiques; et les anciennes recettes , recueillies dans des livres qu'on regardait comme sacrés , étaient devenues pour ainsi dire des lois religieuses. Le médecin qui s'en écartait et dont le malade ne guérissait pas, était condamné à mort. Cette coutume barbare était destructive de l'art. D'ailleurs le respect pour les morts , -poussé jusqu'à la déraison , s'opposait à ce qu'on osât jamais ouvrir ou disséquer un cadavre. L'anatomie était doue inconnue , et la médecine ne peut s'en passer.
Les arts de luxC; dès les premiers temps , paraissent avoir fleuri chez les Égyptiens. Leurs riches étoffes , leurs tissus fins et déliés , leurs magnifiques broderies étaient célèbres
Autres arts.
dans l'Orient. Leurs vases précieux , leurs statues, quoique faites avec peu de goût , leurs peintures , dont on a trouvé des restes dans les débris de leurs palais , et leur étonnante architecture, prouvent qu'ils étaient dignes peut-être d'arriver à la perfection , si ieur éloignement , leur haine pour tout ce qui était nouveau , n'eût été dans tous les temps un obstacle invincible à leurs progrès. Nous parlerons plus au long de leurs surprenans ouvrages , à mesure que l'histoire d'Egypte nous en fournira l'occasion.