‹ Œuvres inédites (volume 3)Chapitre 35 sur 89 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

La mort est partout. Elle est dans les titres que l'ambitieux cherche à obtenir; elle est dans les richesses que

SUR LA MORT, I I l

l'avare entasse; elle est dans les plaisirs que le voluptueux croit goûter.

La mort est la base et la fin de tout. SuiTez-moi dans le monde , clirétiens , contemplez avec moi tout ce que le monde adore -, et voyez partout la mort.

Ce grand de la terre , qui , fier de sa haute naissance , de ses titres, de ses dignités, se croit pétri d'un limon plus noble que le mien ; ce grand à qui nous payons le prix de ce qu'ont fait ses aieux, et qui ose regarder nos hommages comme un tribut qu'il nous imposa le jour de sa naissance ; ce grand doit tout à la mort, il est son ouvrage , il tient d'elle seule tout ce qui fait sa fausse gloire. Qu'il ose produire les titres qui l'élèvent au - dessus de ses égaux ! chacun de ces titres est un bienfait de la

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mort. Sa noblesse ? Elle est appuyée sur un monceau de cadavres. Plus ce monceau augmente, plus elle devient illustre. Ce tas de poussière est le trône de cette noblesse dont il est si vain , et bientôt lui-même va devenir un degré de ce trône funéraire. Se> dignités ? A qui les doit-il ? A la mort , qui a enlevé ceux qui les avaient méritées. La mort a moissonné l'homme :

le titre est resté , et cet ambitieux le tient de la mort.

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