DEUXIÈME PARTIE
Cet avare qui a passé sa vie à diminuer ses besoins, qui a oublié que Dieu l'avait fait riche pour soulager Je pauvre, cet avare est enfm parvenu à étou%r la nature. L'affreuse habitude de repousser loin de lui les mal-
SUR LA MORT. Il3
heureux , Ta rendu sourd à leurs plaintes. Il n'entend pas les cris de cet infortuné qui lui demande du pain pour vivre encore un jour ; il ne voit pas ces enfans affamés qui s'arrachent un peu d'alimens arrosés de la sueur de leur père. Il repousse cette jeune fille qui, poursuivie par la misère et le crime , vient lui demander un secours qui soutiendra son innocence. Rien ne Pémeut, rien ne le touche ; son cœur féroce n'est plus capable d'être attendri. Il porte à son trésor l'argent qu'on roulait lui arracher , et l'y dépose en s' applaudissant de sa barbarie. Il n'éprouve pas même un remords. L'humanité souffrante ne crie pas pour lui. Mais la mort seule n'a pas perdu ses droits :
elle va l'attendre jusque dans le lieu secret où il cache ses richesses. Le