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[Selon toute apparence on avait reproché à Cervantes le trop grand nombre d'épisodes et de coups de bâton ; icipoint oV épisodes et beaucoup moins de coups ; plus d'esprit j plus de raison dans tout ce que dit le héros. On y troupe un mélange continuel et admirable de sagesse et de folie , de sérieux et de comique j de grave et de bouffon. Ce ne sont plus des chevriers ., mais des acteurs de tous les états. Tous les personnages sont aimables et bons. Tout est tiré du fond de l'ouvrage. Don Quichotte agit toujours; il parcourt tous les sujets } il parle sur toutes les matières: morale , science ,, littérature , théâtre , il embrasse tout ^ et donne sur tout des préceptes excellens ].
Tout le monde convint du mérite de Cervantes; mais plus on était forcé de lui rendre justice, moins on était
taché qu'un rival, même méprisable, insultât celui qu'il fallait admirer.
L'Espagne n'est peut-être pas le seul pays du monde où la malignité, si sévère pour les bons ouvragés, [se montre^] toujours indulgente pour leurs détracteurs. Tant que Cervantes vécut [ on parla dJ ] Avellaneda ; dès qu'il fut mort, son ennemi fut oublié.
[ Je ne puis passer sous silence deux anecdotes peu importantes par ellesmêmes j mais qui méritent d'être rapportées parce qu elles consolèrent Cervantes de V injustice de sa nation.
Tandis que ses ennemis V abreuvaient d 'outrages , un ambassadeur français vint à Madrid avec une suite nombreuse et brillante. P endant la visite que le cardinal de Tolède rendit à l'ambassadeur j onparla des hommescèlèbresdans la littérature espagnole ; les