‹ Œuvres inéditesChapitre 6 sur 47 · tome m · texte numérisé non relu

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l\1 DES OUVRAGES

aucune n'est supportable. [Peu] d'intérêt . point de conduite, souvent de l'esprit, [de lJ imagination ^] toujours de l'invraisemblance -, voilà le fond de toutes ces pièces. [ On en pourra juger par les extraits que je vais offrir. ] L'heureux Rufien , [ comédie]. Le héros, après avoir été, au premier acte, le plus grand coquin de Séville , se fait {dominicain ] au Mexique dans le second acte ; il est l'exemple du couvent. Il a de fréqueus combats sur le théâtre avec le diable, et demeure toujours vainqueur. Appelé pour exhorter au lit de la mort une dame du pays , dont la vie a été fort déréglée , le père Grux, c'est ainsi qu'il s'appelle, \3l presse en vain de se confesser; la malade s'y refuse, elle r oroit trop coupable pour espérer son pardon.

Alors le père Crux, qui veut la sauver

DE CERVANTES. Zp

de l'impénitence finale, lui propose de se charger de ses péchés , et de lui donner ses mérites. Le troc se fait , le marché se signe, la mourante se confesse , les anges viennent recevoir son ânie;lesdiahless'emparentdu[/7iom<?], qui voit tout son corps couvert d'un ulcère épouvantable. Au troisième acte, il meurt, et fait des miracles.

Le vaillant Espagnol , comédie.

Arlaxa t femme de qualité chez les Maures , a enflammé par sa beauté Alimazet , guerrier fameux. Elle l'aime ; mais elle a tant entendu vanter don Fernand , Espagnol de la garnison d'Oraiij quelle dit à Alimazet quelle ne lui donnera sa main que le jour où il aura vaincu ce redoutable Espagnol. Le brave Alimazet part pour aller défier don Fernand. Il arrive à Oran; il fait son défi très noble-

ment; mais le gouverneur défend a à don Femand d'accepter le combat.

Alimazet attend hors des murs son ennemi ,, qui ne vient point. Nacor^ autre mahomètanj lâche rival dJ Alimazet j vient lui persuader de se retirer j et retourne avec lui auprès d'Arlaxa. Là , JSacor dit à celle-ci qu Alimazet n'a osé attendre don Fernand. Alimazet a beau se défendre et traiter JVacor comme il le mérite j Arlaxa ne sait lequel croire j lorsqu'on amène un prisonnier espagnol. C'est don Fernand j qui > outré de fureur de n avoir pu répondre au cartel d} Alimazet j a franchi les murs dJOrarij et a été pris par un parti de Maures. Il cache son nom , mais il est reconnu par un Espagnol captifs qui lui promet le secret. Il rend justice à Alimazet j sans toutefois se

faire connaître^ et promet de lui procurer lJ honneur de se mesurer avec don Fernand dans un combat singulier j etc.

Cette pièce j sans unité de lieu ^ de temps jiii d'action, n offre point dJ intérêt ; ce sont des cojnbats , des défis , des déguisemens ., du mauvais comique de la paît d'un soldat qui a faim et qui demande pour les âmes du purgatoire , etc.; mais il y a du spectacle et des tableaux guerriers qui doivent plaire à des spectateurs espagnols.

La Foret des Ardennes. Cette pièce est plutôt un opéra à grandes machines qu'une comédie.

LJ empereur Charlemagne et tous ses paladins j Angélique et Marphise , en sont les acteurs. La Curiosité , le Désespoir■, la Jalousie , Vénus j Cupidotij un Ange, la Castille „ et la Peui'j V

sont personnifiés. Ce qu'ils disent est assurément le meilleur de la pièce , car il y a de la finesse et de l'énergie. Des bergers sont les comiques de l'ouvrage. Deux d'entre eux, qui ont de l' esprit j se moquent de leur rival qui est préféré parce quilest riche, et lui jouent un tour assez plaisant : celui du perroquet. Du reste , point d'unité , point d'intérêt, point d'intrigue y mais en revanche, des enchantemens , des combats , et beaucoup de spectacle.

Les Bagnes d'Alger. Cette pièce sans unité de lieu , de temps ni d'action, offre cependant des momens d'intérêt, du comique et quelquefois des tirades de bon goût. La première scène est en Europe , et la sixième en Afrique. On y voit un village surpris de nuit par des corsaires ; les habitans faits esclaves et conduits à Alger ; une

femme enlevée àson époux j qui se fait prendre pour être avec elle; un vieillard et ses deux petits enfans âgés de 7 à 8 ans , enchaînés et traités avec toute V inhumanité qui caractérise ces barbares. Le fils aîné du vieillard j qui jadis s'est fait renégat j est celui qui livre le village aux infidèles,, et par conséquent celui qui fait son père et ses frères esclaves. Ce scélérat est assassiné par un autre renégat qui revient à la religion et se fait empaler pour ce meurtre. Ce martyr n est pas le seul de la pièce. Uun des petits enfans du vieillard j nommé Francis quitte j est sollicité par le cadi de renoncer à sa religion : il lui répond avec fermeté j gaîté^ et surtout avec une naïveté charmante. Pour prix de ses grâces et de son courage j on le fait périr sous les coups de fouet. Ses re-

liques sont emportées en Espagne à la fin de la pièce.

Cervantes a mis en action > dans cette prétendue comédie , V histoire de l'esclave que Von trouve dans Don Quichotte, et quil assure être véritablement arrivée.

Une Maure j nommée Zara, qui veut se faire chrétienne , donne de lJ argent à un prisonnier espagnol, nommé don LopeZj par le moyend* un mouchoir attaché aune canne blanche. DonLopez se rachète, ainsi que ses compagnons et enlève sa belle Maure ; c'est la principale intrigue de la pièce. La Sainte Vierge aide au dènoûment par un miracle. Au milieu de cette comédie, il s} enjoué une autre dans le genre pastoral , que les chrétiens représentent en réjouissance de ce qu'ils ont entendu la messe le jour de Pâques. Lïè-

poux et V épouse captifs enflamment leurs maîtres j chacun de leur côté ; cela produit quelques scènes d'un bon comique j où Cervantes déploie son talent pour le dialogue à double sens ., talent qu'il possède au suprême oiegré. Enfin les chrétiens se délivrent.

Le comique de cette pièce consiste dans un sacristain pris aussi par les Maures j et qui se donne pour musicien j parce qu'il sait sonner les cloches ; il devient esclave d'un janissaire ; il fait enrager un juif j le traite avec le dernier mépris , lui vole un enfant] enfin leur joue tant de tours j que les juifs se cotisent pour le racheter. On fait un petit massacre de chrétiens ., parce qu'on a vu en l'air des prodiges. Enfin, Cervantes, qui avait été captif à Alger, a voulu représenter à ses concitoyens j la fidèle

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