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Mémoires de Gourville

à ceux qui cherchaient à le prendre, car la cour, alors à Gien, le surveillait aisément. Son valet de chambre avait été dépêché en avant pour faire ouvrir une porte dérobée du parc; Guitaut et Ghavagnac battaient les chemins à droite et à gauche, Marcillac l'éclairait à cent pas en avant; la Rochefoucauld se tenait à pareille distance en arrière. Condé arriva cependant sans encombre à Châtillon, et y apprenant que son armée était à trois lieues de là, il s'y rendit en toute hâte (1" avril) ^

Le Prince précipita les choses : il prit immédiatement le commandement que les chefs se disputaient, et, dans la nuit du 6 au 7, il déht le maréchal d'Hocquincourt qui dût se retirer du côté d'Auxerre, après s'être bravement battu. Turenne, prévenu de se qui se passait à Bléneau, crut à une attaque du duc de Nemours et vint au milieu de la nuit pour soutenir le maréchal : il paraît qu'en voyant la façon dont les choses étaient disposées, il lui fallut peu de temps pour deviner à quel redoutable adversaire les troupes royales avaient affaire : « Ah! M. le Prince est arrivé, » s'écria-t-il sans hésiter ^ La journée se passa à se canonner, sans rien amener de décisif, et le soir les deux armées se retirèrent, l'une vers Gien, l'autre à Châtillon. Nous savons seulement que M. de la Rochefoucauld et son fils s'y conduisirent avec une rare intrépidité. Peu de jours après, Condé laissait son commandement au comte de Saulx-Tavannes et se rendait à Paris pour essayer de reformer une Fronde plus unie, et plus ferme surtout : la Rochefoucauld l'accompagnait (1 1 avril). Quelques jours après, Gondé voulut s'emparer de Saint-

1. Voir pour les détails de ce voyage les Mémoires de Gourville et les Particularités de la route de M. le prince de Condé et le sujet de son retardement avec le passage des troupes du cardinal Maaarin, Paris, 1652, in.4.

2. Ramsay assure tenir ce détail du jeune prince de Marcillac, qui se trouva en, effet à la bataille de Bléneau.

Denis : la place fut assez aisément enlevée, mais le Prince y courut un grand péril. Une décharge des Suisses qui défendaient les remparts effraya tellement son entourage qu'il se vit en un moment abandonné et n'ayant plus auprès de lui que la Rochefoucauld, Marcillac, Guitaut et Gourville. Les royaux ne tardèrent pas à reprendre cette ville.

Les événements se précipitaient cependant et le dénoûment de la crise ne pouvait plus longtemps se faire attendre : on était fatigué de part et d'autre; Gondé, quittant l'armée, releva le courage des royalistes et rendit à Mazarin toute l'énergie qui était nécessaire pour sa restauration; le Prince commit une grande faute en « allant employer un temps précieux dans un dédale d'intrigues pour lesquelles il n'étoit pas fait et oii il se perdit lui et la Fronde K » Condé trouva à Paris nombre de gens qui souhaitaient un accommodement , et il est permis de croire que le duc de la Rochefoucauld, qui avait toujours désiré la paix et qui venait de largement faire son devoir, ne fut pas le dernier à donner au Prince ce sage conseiP. Condé consentit à ce qu'on entama des négocia -

1. La fin de la Fronde à Paris, par M. Cousin. — L'éminent historien y apprécie ces événements avec un rare talent et une clarté remarquable. On ne peut plus prétendre après lui raconter cette brillante et aventureuse équipée.

2. M. Servois vient de retrouver quatre lettres du duc de la Rochefoucauld à Lénet pendant le séjour qu'il fit à Paris et les a publiées dans le premier trimestre de V Annuaire de la Société de l'Histoire de France, de cette année. Elles prouvent assez que le duc croyait peu à un grand succès. Dans la première (20 avril) il témoigne d'une grande confiance : a Notre séjour est encore si incertain qu'on ne peut prendre aucune mesure; nous y faisons des merveilles.» Dix jours après il est moins tranquille : a Les irrésolutions sont plus cruelles que jamais, et certainement on ne vous peut encore rien mander d'assuré.» Le 2 juin, il venait d'écrire une longue lettre à sa femme, alors à Bordeaux, le jour de l'entrée du duc de Lorraine à Paris; il ajouta un mot pour Lénet : « Tout se dispose aujourd'hui à une furieuse guerre, cela me donne quelque espérance de la faire. » Enfin, le 21 juin, lendemain de la séance du parlement pour la réponse du roi aux députés, le découragement com-

lions avec la reine, demandant, avec le duc d'Orléans, le renvoi définitif de Mazarin, et pour lui l'acquittement des promesses faites à ses amis. Ghavigny, à ce qu'il paraît, songea d'abord à ses propres intérêts, vit même Mazarin, et ne se montra pas aussi déterminé à l'expulsion du cardinal, quitte à brouiller son maître avec Monsieur. Tout était encore en suspens ; « tout ce qu'il y a de plus raffiné et de plus sérieux dans la politique, dit M. de la Rochefoucauld, étoit exposé aux yeux de M. le Prince pour prendre un de ces deux partis, de faire la paix ou de continuer la guerre, lorsque Mme de Ghâtillon fit naître le désir de la paix par des moyens plus agréables. Elle crut qu'un si grand bien devoit être l'ouvrage de sa beauté, et, mêlant de l'ambition avec le dessein de faire une nouvelle conquête, elle voulut en môme temps triompher du cœur de M. le Prince et tirer des avantages de la négociation. » Nous avons vu comment Mme de Longueville avait accueilli les hommages du beau duc de Ghâtillon ; comment M. de la Rochefoucauld en avait été cruellement froissé ; Mme de Ghâtillon, rivale de la duchesse, son amie d'enfance et son ennemie aujourd'hui, souhaitait ardemment de parvenir à l'effacer et cherchait pour cela à s'emparer de Gondé afin de le détacher de sa sœur. M. de la Rochefoucauld vit là un moyen de se venger : ce mot est dur, mais il faut avoir le courage de s'en servir. Mme de Motteville nous l'apprend positivement : « M. de la Rochefoucauld m'a dit que la jalousie et la vengeance le firent agir soigneusement et qu'il fit tout ce que Mme de Ghâtillon voulut. » Dès lors le complot ne fut pas difdcile à ourdir autour de Gondé : Mme de Ghâtillon voulait

mence à se dessiner : « Nous sommes icy dans les mêmes incertitudes qui nous suivent en tous liejpx, et personne ne peut parler certainement de la paix ou de la guerre.... P. S. Les choses sont toujours de même et j'enrage de voir qu'on périt par des longueurs et des irrésolutions qu'on ne peut surmonter. »

s'emparer de lui ; le duc de Nemours exécutait secrètement les ordres de la duchesse pour lui plaire, et dans l'espoir aussi de profiter des résultats de la négociation; M. de la Rochefoucauld conseillait le Prince et soutenait ses deux alliés, et surtout aplanissait les difficultés sans cesse renaissantes pour Mme de Ghâtillon, entre Gondé qui était trèsimpérieux, et Nemours qui se montrait avec raison trèsjaloux. Pendant ce temps, les choses marchaient et Gondé s'endormait au milieu de ces délices et de ces intrigues. Les articles du traité à intervenir furent dressés et remis avec une instruction minutieuse et détaillée à Gourville : M. de la Rochefoucauld y prit une part active et nous en a conservé le texte; il avait eu soin d'y insérer sa fameuse clause des honneurs princiers et un dédommagement pécuniaire que je ne puis me décider à trouver exorbitant , comme le veulent dire quelques historiens ; dans un temps où chacun tirait à soi, il avait fait assez de sacrifices pour demander aussi sa part d'indemnité. Retz apprit ce qui se tramait, et il se hâta de tout rompre en décidant Monsieur à se montrer beaucoup plus accommodant, afin de laisser la Fronde au moins l'emporter sur Gondé et ses partisans dans cette circonstance suprême. Un dernier coup vint rappeler M. le Prince à la triste réalité : le duc de Lorraine l'abandonna sans même essayer de résister aux impertinentes menaces de Turenne. Gondé rompit alors avec Mme de Ghâtillon , et repartit à cheval avec quelques amis pour tenter un dernier effort à la tête de ses troupes (fin de juin). Cette tentative devait être vaine et bien inutilement sanglante. L'armée royale comptait alors dix à douze mille hommes sous les murs de Paris, tandis que la Fronde n'en avait pas la 'moitié avec des chefs très-divisés. «Il était évident, dit M, Gousin, qu'il ne restait à Gondé d'auti?e alternative que de traiter avec la cour à tout prix, ou de se jeter entre les bras de l'Espagne, et le fameux combat du faubourg

Saint-Antoine, sérieusement considéré, n'est qu'un acte de désespoir, une héroïque et vaine protestation du courage contre la fortune. »

Turenne attaqua assez subitement le faubourg Saint- Antoine, le 2 juillet au matin : aux premiers coups de feu, M. de la Rochefoucauld fit sortir ses chevaux et attendit quelques instants pour savoir quelle direction il devait prendre : le marquis de Flamarens survint, demanda au duc un cheval et partit avec lui *. La lutte était chaudement engagée depuis assez longtemps, quand MM. de Beaufort, de la Rochefoucauld, de Nemours, de Marcillac et tous les volontaires, mettant pied à terre, vinrent attaquer avec une grande vigueur la barricade de Picpus que M. de Chouppes venait d'enlever au duc de Nemours et où il s'était retranché avec les régiments de Turenne et de Picardie. « On combattit de part et d'autre, dit M. de Chouppes dans ses Mémoires^ avec beaucoup d'opiniâtreté; et il y eut un fort grand nombre de gens tués et blessés. Mais après que nous eûmes soutenu jusqu'à trois attaques, les ennemis furent repoussés. » La Rochefoucauld reçut une balle qui lui perça le visage au-dessous des yeux; il put revenir cependant, et en traversant la porte, prévenir les bourgeois de la position désespérée du Prince, qui, grâce à cela, fut reçu plus facilement quand il se présenta pour se renfermer dans Paris ^ Gourville était allé par son ordre au Luxembourg, et il revenait en toute hâte pour rejoindre son maître, quand il le rencontra près du couvent des Jésuites, ruisselant de sang, à cheval et soutenu par le prince de iMarcillac et un de ses officiers. 11 donna du reste alors un admirable exemple de dévouement : qu'on en juge par ce récit de Mme de Motteville^ .

1. Ce cheval était destiné à Gourville , qui prêta également ses grandes bottes à M. de Flamarens, lequel fut tué quelques instants après. 1. Gourville.

3. Voici le récit de Mlle de Montpensier : « Je trouvai dans la ru€ de

« Je lui ai ouï dire à lui-même, admirant l'application qu'il avoit eue à ce qui se passoit alors, qu'en l'état où il étoit , sa seule pensée fut de faire pitié au peuple par l'horreur de sa blessure, et que depuis la porte Saint- Antoine jusqu'à l'hôtel de Liancourt, où il fut porté, il parla continuellement à tous ceux que la compassion obligeoit de s'arrêter à le regarder, les exhortant d'aller secourir M. le Prince : ce qui peut-être ne lui fut pas nuisible. » Quelques heures plus tard, Condé arrivait chez Mademoiselle, harassé, les vêtements déchirés, couvert de sang et de poussière, son épée nue à la main, et il se jettait sur un siège, s'écriant en sanglotant: c^Vous voyez un homme au désespoir, j'ai perdu tous mes amis : MM. de Nemours, de la Rochefoucauld, de Glinchamps sont blessés à mort. »

M. de la Rochefoucauld guérit cependant et ne perdit même pas la vue, mais sa convalescence fut longue, et quand il put sortir, tout avait radicalement changé de face : le roi était à Paris, Condé avait passé aux Espagnols, une amnistie générale allait couvrir les chefs de la Fronde

la Tixeranderie le plus pitoyable et le plus affreux spectacle qui se puisse regarder : c'étoit M. le duc de la Rochefoucauld qui avoit un coup de mousquet qui lui entroitpar un coin de l'œil et qui lui sortoit par l'autre : de sorte que les deux yeux étoient offensés ; il sembloit qu'ils lui tombassent tant il perdoit de sang : tout son visage en étoit plein, car il souffroit sans cesse, comme s'il eût eu crainte que celui qui lui entroit dans la bouche ne l' étouffât. Son fils le tenoit par une main et Gourville par l'autre, car il n'y voyoit goutte. Il étoit à cheval, et avoit un pourpoint blanc aussi bien que ceux qui le menoient, qui étoient tous couverts de sang comme lui : ils fondirent en larmes, car à le voir en cet état, je n'eusse jamais cru qu'il pût en réchapper. Je m'arrêtois pour parler à lui, mais il ne répondit pas. C'éloit tout ce qu'il pouvoit faire que d'entendre un gentilhomme de M. de Nemours qui vint dire à Madame sa femme qu'il l'envoyoit avertir qu'il étoit blessé légèrement à la main et que ce ne seroit rien et qui s'étoit détourné de peur de l'effrayer, parce qu'il étoit tout en sang. 55

restés en France, et par conséquent la Rochefoucauld, et Mazarin reprenait le ministère ^ Dès qu'il put quitter Paris, le duc s'achemina avec sa famille vers Damvilliers, où son beau-frère, le marquis de Sillery, était gouverneur (septembre). Il y passa toute l'année 1653 sans faire parler de lui, sinon pour se dégager de la Fronde, ce que Gourville négocia et mena à bien. Tous ses amis lui représentaient qu'il en avait assez fait, qu'il pouvait se retirer sans scrupule , et que l'intérêt des siens mêmes lui en faisaient un devoir, puisqu'il fallait son accommodement définitif pour faire conclure le mariage du prince de Marcillac avec la fille unique du comte de la Roche-Guyôn, son cousin-germain. Gourville partit donc pour Bruxelles où était Gondé. Ce prince le reçut très-gracieusement et accueillit assez bien les raisons que Gourville lui déduisit pour lui expliquer ce qui forçait le duc de la Rochefoucauld à retourner à la cour : il y consentit et chargea M. de Ricousse de le conduire chez le comte de Fuensaldagne, qui ne fit pas plus de difficultés. Gourville revint alors à Damvilliers, non sans peine, car les troupes de Gondé s'étaient installées de force dans le pays de Liège, les paysans s'étaient jetés dans les bois, « et ne faisoient de quartier à personne. » Il fut décidé alors qu'un parent de Gourville irait achever la négociation à Paris, parce

1. C'est à propos de cette blessure que la Rochefoucauld, parodiant ces deux vers de du Ryer :

Pour mériter son cœur, pour plaire à ses beaux yeux, J'ai fait la guerre aux rois, je Taurois faite aux Dieux,

écrivit, en faisant allusion à Mme de Longueville :

Pour un cœur inconstant qu'enfin je connois mieux, J'ai fait la guerre aux rois, j'en ai perdu les yeux.

Il paraît qu'auparavant il avait écrit dans une pensée toute différente :

Pour ce cœur inconstant qu'enfin je connois mieux, J'ai fait la guerre aux rois, je l'aurois faite aux Dieux.

Gourville ajoute qu'il fit graver la première de ces deux parodies en bas d'un portrait de la duchesse de Longueville.

qu'on savait que Mazarin « avoit beaucoup d'aigreur » contre lui , mais le duc se ravisa et ne voulut se confier qu'à son fidèle secrétaire. Celui-ci arriva à Paris, et les bruits les plus alarmants pour sa sûreté lui revinrent de tous côtés. Gourville ne se laissa pas effrayer cependant et alla trouver M. de Liancourt pour lui expliquer la cause de son voyage et le prier de parler à Mazarin: M. de Liancourt se montra fort embarrassé : Gourville insista en lui faisant observer que le cardinal ne pourrait refuser à M. de la Rochefoucauld de rentrer en France, quand il venait faire sa soumission , après s'être dégagé le plus honnêtement du monde, et que d'ailleurs ce ne serait pas sans importance en présence des événements qui se passaient à Bordeaux S où le duc avait de nombreux amis. Liancourt se décida à tenter l'aventure, et trouvant le cardinal beaucoup plus facile, le premier moment passé, qu'il ne le pouvait espérer, il donna rendez-vous à Gourville chez M. de Liancourt pour le lendemain matin. Mazarin y vint en effet, consentit à laisser rentrer le duc, traita son envoyé a très-obligeamment,» et l'engagea même à s'attacher à lui, ce que Gourville se hâta d'accepter-. Il l'envoya chez M. le Tellier prendre un passe-port, autorisant le duc à retourner dans ses terres. M. le Telher ne voulut pas exécuter un ordre, qui le surprenait fort, sans en conférer avec le cardinal, et il n'expédia le permis que le lendemain. Gourville dépêcha aussitôt un courrier à M. de la Rochefoucauld, qui prit sans retard le chemin de Verteuil, où son ancien secrétaire vint le voir en se rendant à Bordeaux, chargé d'une mission de son nouveau maître, et

1. Mme de Longueville, Conti et la faction de l'Ormée y continuaient la résistance en se portant souvent à de déplorables excès, que la duchesse ne répudia pas assez énergiqueraent.

2. Il présente dans ses Mémoires son passage au service du cardinal comme une condition imposée par Mazarin à la rentrée de M. de la Rochefoucauld.

OÙ il trouva moyen d'entrer sous prétexte d'en retirer les meubles de M. de la Rochefoucauld. Ses efforts ne furent pas inutiles, et après divers incidents qu'il raconte dans ses Mémoires^ il amena le prince de Gonti à se soumettre ainsi que Mme de Longueville. En s'en retournant à Paris, il s'arrêta encore deux jours à Verteuil, « pour rendre compte au duc de la Rochefoucauld de mon bonheur et de mes aventures. »

Gourville montra toujours un inaltérable attachement à M. de la Rochefoucauld, et nous allons en voir de constantes preuves pendant cette seconde partie de la vie du duc. En cette année 1654, il parvint encore à le réconcilier avec le prince de Gonti % qui écrivit à M. de la Rochefoucauld, à ce propos, cette plaisante lettre : elle témoigne assez à quel point leur liaison était redevenue intime, et nous montre que M. de la Rochefoucauld avait fait le premier pas : ce Quoi que j'eusse résolu de faire réponse à votre lettre et de vous rendre grâce de votre souvenir, j'ai présentement la tête si pleine de Gourville, que je ne puis vous parler d'autre chose. Gomment, ce diable-là a été à l'attaque des lignes d'Arras I La destinée veut qu'il ne se passe rien de considérable dans le monde qu'il ne s'y trouve; et toute la fortune du royaume et de M. le cardinal n'est pas assez grande pour nous faire battre les ennemis, s'il n'y joint la sienne. Gela nous épouvante si fort, M. de Gandale et moi, que nous sommes muets sur cette matière-là: sérieusement, je vous supplie de me l'envoyer bien vite en Gatalogne; car, comme j'ai fort peu d'infanterie, et que sans infanterie et sans Gourville on ne sauroit faire de progrès en ce pays -ci, je vous aurai une extrême obligation de me donner lieu, en le faisant promptement, de faire quelque chose d'utile au service du roi. Si je manque de cavalerie, la campagne qui vient, je vous

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