Mémoires de la duchesse de Nemours
2. A cette époque M. de la Rochefoucauld se plaignit de la façon dont il avait été dépouillé de ce gouvernement en 1632, et comme précisément M. de la Trémouille, grand partisan de M. le Prince , cherchait en même temps à décider M. de Paralière à le lui céder, Mazarin stimula le zèle du duc en lui faisant entrevoir que la reine le rembourserait de la plus grande partie de la somme qu'il aurait à débourser. Un moment il lui promit le gouvernement d'Aunis et de Saintonge, dont le titulaire se mourait; puis, quand cette charge fut réellement vacante, elle fut donnée à. M, de Montausier. M. de la Rochefoucauld ne voulut plus s'occuper du Poitou , mais Mazarin parvint à le décider à le procurer h son fils : Marcillac l'obtint en effet au prix de 300 000 livres, c'est-à-dire en payant 50 000 livres de plus que son père ne l'avait vendu par ordre. (Apologie, loc. cit.)
fortune et lui demeurer fidèlement attaché. Au siège de Courtray, M. de Marcillac figura bravement comme volontaire au premier rang des escadrons du régiment du Roi, mais il se distingua bien davantage au siège deMardick, s*exposant souvent dans la tranchée, où Gourville le suivait « pour s'essayer, » nous dit-il. Ce siège fut long, mais heureusement terminé par la vigueur du duc d'Enghien. Le principal épisode fut la grande sortie des assiégés qui menaçaient de détruire tous les travaux des assiégeants et qui fut repoussée par le jeune général en chef avec une poignée de volontaires. Le comte de la Rocheguyon', le comte de Fleix et le chevalier de Fiesque y furent tués, M. de Marcillac y reçut trois coups de mousquet, dont un assez grave au haut de l'épaule ^ Il fut ramené à Paris sur un brancard , accompagné par Gourville et par l'abbé de la Rochefoucauld,. son frère, qui était venu au-devant de lui. Après sa guérison, M. de Marcillac se rendit dans son gouvernement du Poitou , en prenant pour secrétaire Gourville, qui fut formé à ces fonctions par Serisay, secrétaire du duc de la Rochefoucauld ^ C'est pendant sa convalescence, ce semble, et comme précisément Mme de Longueville venait de rentrer à Paris, que se forma entre elle et M. de Marcillac cette liaison devenue si célèbre. « La Rochefoucauld, dit M. Cousin, plut sans doute à Mme de Longueville par les agréments de son esprit et de sa personne, surtout par cette auréole de haute chevalerie que lui avoit donnée sa conduite envers la reine, et qui devoit éblouir un élève de l'hôtel de Rambouillet. Il l'entoura
1. Il ne laissa qu'une fille, qui épousa plus tard le fils de la Rochefoucauld et apporta à la famille le magnifique domaine de la Rocheguyon.