‹ Œuvres inédites; (volume 2)Chapitre 16 sur 41 · PLAN DE L*OUVRAGE · texte numérisé non relu

PLAN DE L*OUVRAGE

Pai cru devoir présenter d'abord l'exposé sommaire des principes et du fond d'idées communs aux quatres Mémoires successivement honorés des suf-

frages de nos plus illustres sociétés savantes. Si ces suffrages, et avant eux le témoignage de ce sens intime que j'ai tant acquis l'habilude de consulter, ne m'induisent pas en erreur, je suis arrivé au terme sur ce sujet, après tant de modifications de cette existence dont j'ai noté tous les passages, après tant de points de vue et de faces diverses, sous lesquelles s'est représenté ou manifesté à lui-même cet homme intérieur qui ne peut être différent de tous les autres moi, en rappport de nature, de condition et de destinée avec lui. Je suis peut être autorisé plus que qui que ce soit à affn^mer qu'il n'y a pas un système unique de la science complète de l'homme, mais plusieurs systèmes vrais à la fois, chacun dans son point de vue, et faux seulement en tant que chacun aspire à être exclusif, à embrasser un être multiforme à l'indéfini sous une seule face abstraite de cette nature humaine totale livrée à nos recherches.

C'est vainement en effet que chaque système de métaphysique prétend déduire d'un seul principe la science vraie d'un être mixte, organisé, vivant, sentant, pensant et libre, qui touche d'un côté à la nature animale avec laquelle il vient se confondre, en s'absorbant tout entier dans la sensation, pendant qu'il touche d'un autre côté à la nature divine d'où il émane, dont il est le reflet ou l'image, dont il reçoit l'influence ou l'esprit, précisément à mesure qu'il s'éloigne de cette sensation dont on a si bizarrement prétendu faire naître toutes ses facultés. A mesure) dis-je, qu'il s'éloigne des sensations ou du

monde phénoméDiqiie qu'elles composent, il peut alteindre un monde supérieur de réalités invisibles, qui ne se manifeste qu'à un sens sublime, à celui de la religion ou de la foi et de l'amour. Il est temps de développer ces différentes vues ou faces de notre humanité.

Je formerai trois divisions de la science de l'homme telle que je la conçois. Cette notion de l'homme est infiniment compliquée, puisqu'elle renferme tous les modes passifs et actifs de notre existence, tous les produits divers des forces vivantes qui la constituent. Ces forces vivantes ou ces vies que l'expérience intétérieure apprend à distinguer et que le sens intime ne permet pas de confondre sont trois et non pas une seule, quoiqu'il n'y ait logiquement qu'un homme et psychologiquement qu'un moi unique. Je ferai en conséquence trois divisions de cet ouvrage.

La première comprendra les phénomènes de la vie animale que je ne distingue point de celle qu'on a distinguée de nos jours sous le titre de vie organique. Je dirai pourquoi cette distinction futile en ellemême est inutile à mon but.

La deuxième division renfermera les faits relatifs à la vie propre de t homme, sujet sentant et pensant, soumis aux passions de la vie animale, et en même temps libre d'agir par sa propre force, et en vertu de cette force seule, personne morale, moi, qui se connaît et connaît les autres choses, exerce diverses opérations intellectuelles qui ont leur principe commun dans la conscience du moi, ou dans la force active qui le constilue.

La troisième division, la plus importante de toutes^ est celle que la philosophie a cru jusqu'à présent devoir abandonner aux spéculations du mysticisme, quoiqu'elle vienne aussi se résoudre en faits d'observation, puisés dans une nature élevée, il est vrai, au-dessus des sens, mais non point étrangère à 1'^^prit qui connaît Dieu et lui-même. Celte division comprendra donc les faits ou les modes et actes de cette vie spirituelle dont les caractères se trouvent si visiblement empreints, pour qui sait les voir, dans le premier, le plus beau, le plus divin, le seul divin des livres de philosophie, dans le code des chrétiens, dans toutes les paroles de Jésus-Ciirist telles qu'elles nous ont été conservées dans les Évangiles et dans les écrits qui nous les ont transmises avec l'esprit qui les inspira. Toutes les facultés relatives à la vie spirituelle, constituent l'esprit de l'homme en état de pure réceptivité d'une influence supérieure à lui, mais non étrangère à sa nature la plus élevée. Cette influence en se manifestant à sa vue intérieure, le manifeste en même temps à lui-même dans ce qu'il est au fond, et dans ses rapports avec un idéal de beauté, de perfection intellectuelle et morale, source de sentiments qu'il peut entrevoir momentanément comme le but de ses travaux, le terme de son éducation, dans ce monde passager et phénoménique, qui n'est que la simple flgure de la réalité, de l'immutabilité de vie, de l'immortalité de bonheur réservées à l'homme vertueux qui aura rempli sa tâche, quand tout ce qu'il y a de mortel en luise trouvera absorbé par la vie.

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