FOND. DE LA ES1C110LOCJE. — VMVW 11. SECT
que dans le concret avec les impressions accidentelles des sens. Les véritables signes intellectuels disponibles , sur lesquels se fondent les véritables abstractions réflexives sont bien en dehors de ce système, où il n'y a lieu qu'à des signes involontaires, sympathiques, qui, loin d'aider l'analyse, ne font qu'étendre ou grossir les composés, en excitant plusieurs émotions et réveillant une multitude d'images à la fois.
Quelles sont les facultés qui pourront donner de véritables signes de décomposition, se diriger ellesmêmes contre le torrent des habitudes de l'imagination et des sens et atteindre jusqu'à ce simple qui ne dépend plus de la nature des impressions sensibles? Quels instruments mettront ces facultés en exercice? C'est ce que nous allons étudier dans les deux ordres suivants (1). Celui dont nous sortons représente l'enfance de l'homme et des peuples, qui sont encore sous l'empire exclusif de la sensibilité, ou sous le
(1) « Les signes institués volontairement, » dit Gondillac, « ren- « dent l'exercice de nos facultés disponible. »
Il y a donc une activité réelle, soit dans la sensation, soit hors de la sensation. Quelle est la source de cette activité, ou plutôt quels sont les moyens et les instruments par lesquels elle se déploie ? Comment les signes du langage oral sont-ils disponibles ? Comment peuvent-ils communiquer ce caractère aux idées auxquelles ils s'associent, à l'exercice des opérations qui se fondent sur leur emploi? Ce n'est pas en s'arrêtant au système sensitif qu'onpeut trouver la réponse à ces questions. Condillac, songeant comme tous les inventeurs, à l'utilité pratique de sa découverte, n'est point remonté jusqu'aux principes qui devaient lui servir de base. S'il l'eût fait, nous aurions eu sans doute un autre Traité des sensations , qui , en remontant au principe de la disponibilité des signes, eût appliqué et développé le principe, au lieu de le faire oublier ou méconnaître.
charme de l'imagination et des passions. Nous allons voir succéder l'âge de la raison, appliquée à l'étude et à la classification des phénomènes naturels, et plus tard celui de la réflexion, où l'homme crée les sciences abstraites et apprend à se connaître luimême.