X MOTIN
entier pour M'ie de La Croix à qui sont adressées presque toutes les pièces du manuscrit.
Motin, esclave de sa folle passion, la promène par toute la ville, nuit et jour (lui aussi était noctambule), à la Tour, à Chaiieî, au Gué aux Dames, quartiers de Bourges qui existent encore : il est sans cesse sur les pas de sa maîtresse, il l'accompagne au sermon, il revient avec elle au logis; mais une vieille sempiternelle, une duègne vigilante, la tante de M'i^ de La Croix, surveille les allées et les venues de notre amoureux. La belle Marie est affligée d'un bobo vulgaire, d'un clou : voilà Motin aux champs; mais ses angoisses redoublent, un voisin de M'i^ de La Croix vient d'être enlevé par la peste.
Une passion aussi profonde aurait dû être payée de retour : hélas ! Motin n'était pas favorisé de la nature ; à plusieurs reprises, surtout dans ses œuvres imprimées, il avoue avec une certaine amertume qu'il n'est pas « beau », qu'il n'a pas « le poil blond des jeunes courtisans ». Et puis la fortune ne lui avait sans doute pas mieux souri que la nature. Or, sa maîtresse était belle, riche, dédaigneuse : un grand seigneur lui plaisait bien autrement qu'un méchant poète; elle n'était pas insensible non plus aux séductions de l'uniforme. En vain Motin se confie-t-il aux bons soins d'un barbier qui lui prodigue toutes les séductions de ses