SA VIE ETSESŒUVRES XIX
Des collectionneurs d'élite, comme le duc de La Vallière, et des érudits infatigables, comme M. Paul Lacroix, ont cherché à réunir ou à rétablir tous les ballets qui ont été dansés à cette époque. Mais ce travail est resté forcément incomplet : à en juger par les fragments de ballets publiés dans les divers recueils du temps, le nombre en est considérable : chaque poète y apportait le contingent de son inspiration, et si nous avons été assez heureux pour reconstituer complètement un ballet des plus importants à l'avoir de notre poète, nous avons dû constater que pour beaucoup d'autres, il s'était rencontré avec nombre de collaborateurs sur un terrain si fort apprécié à la cour.
Hélas 1 tant d'assiduité ne devait pas le mettre à l'abri des retours de la fortune; je ne sais quelle sorte de déboire le pauvre Motin eut encore à subir ; mais, en 1 609, il fit ses adieux, dans un fort beau sonnet*, à toutes les vanités de ce monde et à toutes les séductions de la cour.
Cette boutade fut cependant de courte durée : le comte d'Auvergne lui écrivit dans sa solitude pourl'exhorter, entre deux compliments, à remonter sur la brèche. Motin ne se fit pas prier bien long-
1. Un des rares sonnets imprimés de Motin. Faut il attribuer à sa mésaventure amoureuse de Bourges cette sorte de répugnance pour une forme poétique qu'il emploie si volontiers dans ses œuvres de jeunesse?