SA VIE ET SES ŒUVRES XXI
Comment expliquer alors l'existence de ces pièces publiées en 1612, après les fêtes du Camp de la place Royale, en l'honneur du mariage de Louis XIII avec l'infante d'Espagne, pièces qui portent la signature de Motin? Il serait trop long de raconter ici comment le roi, peu soucieux des droits de la propriété littéraire, accorda successivement à Porchères et à Rosset le privilège de l'impression et de la vente de cette fameuse entrée, si connue sous le nom de Camp de la place Royale.
Je ferai seulem.ent remarquer que parmi les cinq ou six éditions de diverse origine que l'on publia de cette relation, celle de Rosset est la seule qui attribue à Motin la paternité de deux ou trois pièces de vers. Est-ce une raison suffisante pour croire que Motin vécut jusqu'à cette époque? On prétait si volontiers, et sans plus ample informé, à tel ou tel auteur les pièces dans sa manière, qu'il ne faut se prononcer qu'avec la plus grande circonspection, en l'absence d'un double ou triple contrôle établi d'après les recueils imprimés, ou d'après les manuscrits ' ?
Peut-être celte incertitude eût-elle disparu, si les pièces de Motin avaient été recueillies et im-
I . C'est ainsi que dans un u Recueil des plus beaux vers de ce temps » appartenant à un de nos bibliophiles les plus distingues j'ai relevé des rectifications de nom d'auteur, écrites, paraît-il, de la main même de Malherbe.