XXII MOTIN
primées depuis sa mort. Le poète dédaigna-t-il de se livrer à ce travail pendant qu'il vivait encore, ou bien fut-il surpris par la mort au moment oh il préparait l'édition de ses œuvres ? Je m'étonne que cette pieuse mission n'ait pas été au moins remplie par sa famille : celle-ci, en effet, cultivait les muses et devait bien cet hommage à la mémoire d'un parent qui lui faisait tant d'honneur. M'^e Motin, sœur de notre poète, était poète elle-même; elle a publié d'assez mauvais sonnets dans les Muses en deuil en faveur du sieur Brun (Paris, Toussaint du Bray, 1620). Son mari, le sieur Bonnet, « frère d'alliance » de Motin, en a fait paraître dans le même recueil qui ne valent guère mieux. Enfm, un autre Bonnet, probablement le fils d'un des deux poètes précédents, qui se dit « nepveu d'alliance du sieur Motin deffunt», s'est fait imprimer comme tel dans les Délices de la poésie française que Rosset et Baudoin ont publiées en 1615.
On s'étonnera peut-être que Motin , après avoir joui d'une célébrité justement acquise, soit tombé, après sa mort, dans l'oubli le plus complet. Il ne méritait certes pas cet excès d'indignité. A défaut de toute autre qualité, son originalité seule suffirait à