‹ Œuvres inéditesChapitre 3 sur 63 · II MOTIN · texte numérisé non relu

II MOTIN

bien avant certains magistrats qui lui ont emprunté, sinon le texte, du moins l'esprit de leur formule ordinaire, l'impatient et irascible juge du Parnasse a dû dire aux pauvres diables qui interjetaient appel de son inflexible décision : « Allez vous asseoir ! n

A mon avis, Boileau ne s'est pas départi de cette ligne de conduite envers Motin. Ou il n'a pas daigné lire ses œuvres, ou il n'a pas su les comprendre.

Quand il voulut, le jour où il composa son Art poétique, connaître les contemporains de Malherbe, c'est-à-dire les écrivains de la période littéraire qui commence en 1590 pour s'arrêter en 1640, Boileau, après avoir consulté les livres de Malherbe, de Racan, de Régnier, de Bertaut, de Du Perron, de Des Portes et de Maynard, parcourut les divers recueils, tels que Parnasse des meilleurs poètes. Muses françaises, Temple d'Apollon, Recueil des plus beaux vers de ce temps, etc., etc., où se trouvent réunies assez confusément les pièces d'auteurs moins célèbres, que les compilateurs de l'époque ont jugées dignes d'être présentées au lecteur.

Or, dans presque tous ces volumes, d'ordinaire fort compacts , la première pièce qui se trouve portée à l'actif de Motin est peut-être une des pires qu'il ait jamais faites : c'est le Phœnix, poème

Page 1