A MARIE
Vos beaux yeux, que l'Amour a choisis pour retraicte^ Qui, pour cacher ses traitz, lui servent de carquois, Ces deux astres d'aimer de leurs bénignes lois Rendent sous leurs regards toute chose subjecte.
C'est d'eulx que Cupidon emprunte la sagette. Mais plutost mille traits qu'il nous jette à la fois. Il est né d'une roche, allaicté dans un bois, Celuy qui ne reçoit la loy qu'ils nous ont f aide.
Si quelqu'un dit la loy dont le sauvage cœur Reboucha tous les traitz du céleste vainqueur, Qu'il ne pense pourtant eschapper sa puissance.
Fault qu'un jour il la sente. 0 arrêt rigoureux ! N'y a-t-il point d'appel i' Helas! non, car vos yeux Contraignent par prison leur rendre obéissance.