GRECE
f° 293. Remarquez combien la diversité de fortune présente les mêmes hommes sous des points de vue difTérents ; Guys et d'autres voyageurs ont remarqué que le caractère des Grecs n'a pas beaucoup changé. On les regardait jadis comme fourbes, mais adroits politiques; on ne leur trouve aujourd'hui qu'une astuce méprisable et petite, dénuée de courage, et qui les fait juger dignes du joug affreux qui les opprime et qu'ils semblent révérer.
Quand on songe cependant à la fertilité de ce pays, je veux dire les îles, le Péloponnèse et l'Attique, aux grands génies, aux sages qu'il a produits, car il a été le foyer d'oii la lumière s'est répandue dans tout l'Occident, on ne saurait s'empêcher de gémir de leur esclavage. Les barbares ont éteint le flambeau, la nature même y semble écrasée, anéantie sous leurs chaînes; ce sol autrefois si riche suffit à peine pour entretenir la misère de ses habitants :
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Spercheosque, et virginihus bacchaia Lacœnh
Taygeln !
f' }bii. ... Lorsque les Romains et les Carthaginois, encore dans leur berceau et mutuellement inconnus, ne songeaient point encore à lutter pour l'empire
PERFECTION Eï DECADENCE DES LETTRES 45
du monde et [à] écraser dans leur choc toutes les nations qui se trouveraient entre eux, une multitude de peuplades grecques se partageaient paisiblement la Sicile et le midi de l'Italie. Tout ce que l'imagination humaine a de brillant, tout ce que le travail a de durable, le commerce, l'agriculture, les arts, la philosophie, les lois, choses fécondes en plaisirs et en vertu, vinrent offrir à l'envie et à l'admiration des hommes la prospérité de ces délicieuses contrées, douées d'un sol inépuisable, favorisées par le ciel et par la mer, et par le nombre et par le génie des habitants, partout couvertes de moissons et de fruits, partout de cités et de temples; et qui ne s'attendaient pas à revoir un jour des déserts abandonnés aux voleurs, aux seigneurs suzerains et aux moines, gens plus propres que le volcan de l'Etna à dépeupler et dévaster un pays...
... Chez les anciens, l'homme n'étant point habitué, façonné à une multitude d'institutions arbitraires et absolument éloignées de la nature, était plus... lui-même... plus nu.
(A l'endroit des ouvrages des anciens).
(iMorceau long et détaillé. Les anciens étaient f> i4c nus... leur âme était nue... Pour nous, c'est tout le contraire... Dès l'enfance, nous emmaillotons
f° ii5.